Programme africain de lutte contre l'onchocercose (APOC)

Cartographie épidémiologique rapide de l'onchocercose (REMO)

Pour traiter une maladie par l'administration de masse d'un médicament, vous devez d'abord savoir où se trouve la maladie et quelles populations sont les plus exposées au risque. Lorsque l'ivermectine devint disponible pour le traitement de l'onchocercose en 1987, il fallait trouver de toute urgence un nouvel outil permettant de déterminer la répartition géographique de la maladie et d'identifier les communautés à traiter.

Un outil permettant d’évaluer rapidement la situation de l’onchocercose fut mis au point par le programme spécial UNICEF/PNUD/Banque mondiale/OMS de recherche et de formation sur les maladies tropicales (TDR). Dénommé " REMO " – ou cartographie épidémiologique rapide de l’onchocercose – les communautés à grand risque de contracter l'onchocercose pouvaient être rapidement et à peu de frais identifiées et localisées sur une carte.

Comment fonctionne le REMO

Un nodule sous-cutané
OMS/TDR/Baldry
Un nodule sous-cutané sur le bras d'un homme

Le REMO utilise l'information géographique – en particulier la présence de bassins fluviaux – pour identifier les communautés susceptibles d’être à grand risque de contracter l'infection. Un échantillon, représentant 2 – 4% des villages de la zone, est alors rapidement évalué pour une possible présence de l'onchocercose en recherchant par palpation sur le corps de 50 adultes par village les nodules sous-cutanés des vers qui provoquent la maladie. Les adultes doivent être âgés d’au moins 20 ans et avoir résidé dans la communauté pendant au moins 10 ans. Si ≥ 20% des adultes ont des nodules, le traitement de masse s’impose et ce chiffre est extrapolé à toute la zone. Dans les communautés où le taux de nodules est inférieur à 20%, le traitement en clinique est appliqué.

Une fois que les données ont été collectées sur toute l’étendue du territoire national, elles sont alors intégrées dans un système d'information géographique (SIG). L’on superpose une carte démographique à la carte de l’onchocercose, permettant ainsi aux programmes de lutte de planifier quelles communautés devront être traitées. Cette technique fournit également de meilleures estimations du nombre de personnes à traiter, et une meilleure évaluation du fardeau de la maladie.

Les cartes REMO

Un arrangement de trois couleurs est utilisé sur les cartes REMO pour indiquer différentes stratégies de traitement. Dans les zones rouges, l'onchocercose est fortement endémique et constitue un problème important de santé publique. Ces zones sont des zones prioritaires de traitement.

Les zones vertes indiquent là où le traitement de masse n'est pas nécessaire. Dans ces zones, la prévalence des nodules sous-cutanés est ≤ 20%.

Les zones jaunes sont là où les résultats ne sont pas clairs et des enquêtes épidémiologiques rapides supplémentaires sont nécessaires.

Certaines cartes REMO montrent des diagrammes circulaires qui décrivent le niveau de pourcentage des nodules sous-cutanés.

Carte REMO du Libéria, montrant la prévalence des nodules et les zones prioritaires de traitement (zones rouges)

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