Bulletin de l'Organisation mondiale de la Santé

Avril 2013: Les preuves s'accumulent pour interdire les gras trans

AVIS AUX LECTEURS: Le Bulletin de l’Organisation mondiale de la Santé a été créé par elle pour être un forum permettant aux experts de la santé publique de publier leurs observations, d’exprimer leurs opinions et d’inciter un plus large public à réfléchir sur les questions essentielles de santé publique dans l'actualité. Par conséquent, les opinions exprimées par les auteurs dans ces pages ne représentent pas nécessairement celles de l’Organisation mondiale de la Santé.

Avis aux médias

Les interdictions nationales et locales sur les gras trans dans la préparation de denrées alimentaires sont l'un des moyens les plus efficaces de prévenir certaines des maladies mortelles les plus importantes au monde, mais de nombreux gouvernements ont décidé de ne pas prendre de telles mesures, car ils ne croient pas en l'efficacité de ces interdictions.

Selon une étude publiée ce mois-ci dans le Bulletin de l'Organisation mondiale de la Santé, les politiques du Brésil, du Canada, du Costa Rica, du Danemark, des Pays-Bas, de la République de Corée et des États-Unis d'Amérique au cours des deux dernières décennies se sont avérées efficaces pour éliminer les gras trans dans la filière alimentaire.

Les conclusions de l'étude sont particulièrement pertinentes pour les pays à revenus faible et moyen, où de telles mesures ont été identifiées comme le «meilleur choix» en matière de politique de santé puisqu'elles devraient fournir un retour sur investissement élevé en termes de gains pour la santé.

«Nous avons constaté, par exemple, qu'une interdiction nationale au Danemark a pratiquement éliminé les gras trans de la chaîne alimentaire, tandis que les interdictions locales au Canada et aux États-Unis d'Amérique ont réussi à éliminer les gras trans des aliments frits», a déclaré Shauna Downs, auteur principal et chercheuse au Menzies Centre for Health Policy (Centre Menzies sur les politiques de santé) à l'Université de Sydney, en Australie.

«Bien que certaines des politiques gouvernementales que nous avons étudiées imposaient une autorégulation volontaire pendant que d'autres prônaient des mesures obligatoires, comme la présence d'étiquettes, les interdictions locales et nationales sur les gras trans se sont avérées les mesures les plus efficaces de l'élimination des gras trans», a-t-elle confirmé. «Nos résultats montrent que ces politiques sont non seulement faisables et réalisables, mais qu'elles sont également susceptibles d'améliorer la santé publique.»

Les gras trans, également connus sous le nom d'acides gras trans, se trouvent naturellement dans les produits laitiers et la viande, mais ils sont aussi obtenus par des procédés industriels de production de graisses dures à partir d'huiles végétales. Les gras trans fabriqués industriellement sont également connus comme étant des huiles végétales partiellement hydrogénées. La consommation de gras trans est associée à un risque accru de maladies non transmissibles, notamment les maladies cardiovasculaires, telles que les maladies cardiaques, ainsi que les accidents vasculaires cérébraux et le diabète.

Cependant, ces huiles végétales partiellement hydrogénées sont, privilégiées par l'industrie alimentaire et la restauration rapide, car elles ne coûtent pas cher, ont une durée de vie longue et se trouvent à l'état semi-solide à température ambiante, ce qui les rend plus faciles à utiliser dans les produits de boulangerie, mais aussi plus aptes à résister à un chauffage répété.

L'Organisation mondiale de la Santé (OMS) a demandé l'élimination des gras trans dans la filière alimentaire mondiale en réponse à l'augmentation de la prévalence des maladies non transmissibles, et a identifié cette mesure comme la meilleure intervention de santé publique possible à mettre en place pour les pays à revenus faible et moyen. La proposition de cette mesure politique a été préconisée dans la Déclaration politique de la Réunion de haut niveau de l'Assemblée générale des Nations Unies sur la prévention et la maîtrise des maladies non transmissibles en septembre 2011.

«Cette étude est importante, car elle donne une vue d'ensemble des approches politiques actuelles et compare leur efficacité», a expliqué le Dr Francesco Branca, directeur du département de nutrition pour la santé et le développement à l'OMS. «Elle fournit une justification en faveur d'une réglementation forte, comme les interdictions nationales, et remet en question les approches volontaires, étant donné que leurs résultats ont été moins satisfaisants que les mesures obligatoires.»

La question de l'interdiction des gras trans dans la filière alimentaire est incluse dans le Plan d'action pour la prévention et le contrôle des maladies non transmissibles de l'OMS, qui sera discuté à l'Assemblée mondiale de la Santé le mois prochain, du 20 au 28 mai 2013.

Également dans le numéro de ce mois:

  • Agents de santé communautaires en Afrique, quel coût?
  • Les programmes de lutte contre le VIH devraient fournir des filtres pour les parasites Cryptosporidium
  • Les Nigérians prennent conscience du danger de l'hypertension artérielle
  • L'égalité des chances vis-à-vis des soins maternels au Viet Nam?
  • Réduire les méfaits de l'alcool en Chine
  • Vacciner ou ne pas vacciner en cas d'urgence?
  • La phase finale de la poliomyélite

Le Bulletin de l’Organisation mondiale de la Santé est l’une des principales revues internationales de santé publique. C'est le fleuron des périodiques de l’Organisation mondiale de la Santé, particulièrement consacré aux pays en développement. Les articles qui y paraissent sont revus par un comité de lecture et sont indépendants des lignes directrices de l’OMS. Les résumés des articles du Bulletin sont désormais disponibles dans les six langues officielles des Nations Unies: anglais, arabe, chinois, espagnol, français et russe.

Le sommaire de ce mois peut être trouvé à l'adresse suivante: http://www.who.int/bulletin/volumes/91/4/fr/index.html

Le contenu complet de la revue, depuis 1948, est accessible gratuitement aux lecteurs du monde entier par le biais de PubMed Central, disponible à l'adresse suivante: http://www.pubmedcentral.nih.gov/tocrender.fcgi?journal=522&action=archive

Pour de plus amples informations, veuillez prendre contact avec:

Fiona Fleck
Rédactrice, Bulletin de l'Organisation mondiale de la Santé,
Organisation mondiale de la Santé
Genève, Suisse
Tél: +41 22 791 1897
E-mail: fleckf@who.int

Shauna Downs
Centre for Health Policy Menzies
Université de Sydney
Tél: +61 2 9036 5443
Mobile: +61 411 776 973
E-mail: shauna.downs@sydney.edu.au

Dr Francesco Branca
Directeur du département de nutrition pour la santé et le développement
Organisation mondiale de la Santé
Genève, Suisse
Tél: +41 22 791 1025
E-mail: brancaf@who.int

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