Bulletin de l'Organisation mondiale de la Santé

Exercice d’un double métier par les professionnels de la santé du secteur public dans les pays à ressources très limitées: problème ou solution?

Stephen Jan, Ying Bian, Manuel Jumpa, Qingyue Meng, Norman Nyazema, Phusit Prakongsai, and Anne Mills

RÉSUMÉ

Le présent article étudie les options possibles dans la réglementation de l’exercice d’un double métier par les membres des professions médicales des pays à ressources très limitées. La deuxième activité est généralement motivée par le manque de ressources et le faible niveau de rémunération dans le secteur public. Une relation a été établie entre l’exercice d’une deuxième activité et le détournement de fonds publics et la corruption. Cette activité est habituellement peu réglementée : il n’existe souvent pas de réglementations ou celles en vigueur sont vagues ou rarement appliquées, en raison de la faible compétence de réglementation. L’article s’appuie sur les éléments limités disponibles à ce sujet pour évaluer un certain nombre d’options, en tenant compte des objectifs de qualité des soins et d’accessibilité des services, ainsi que de certaines contraintes politiques susceptibles de compromettre l’application de ces réglementations dans les pays à ressources limitées. L’approche adoptée pour dégager des objectifs sociaux plus larges s’efforce d’éviter les jugements de valeurs portés sur l’exercice d’un double métier et sur certaines des formes de comportement pouvant lui être associées, jugements qui tendaient à caractériser les analyses antérieures. La pratique d’un double métier est considérée comme une solution organisationnelle possible à des problèmes tels que le manque de ressources (et de revenus) du secteur public, la faible compétence de réglementation et l’interaction entre les forces du marché et les ressources humaines. Le présent article propose donc un document d’appui pour l’élaboration de politiques autorisant la reconnaissance officielle d’un tel double métier et prévoyant un certain degré d’autoréglementation de la profession. Les futurs travaux de recherche dans ce domaine devront adopter une démarche plus évaluative que celles appliquées jusqu’à présent, ce qui fournira des éléments d’orientation plus éclairants.

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