Bulletin de l'Organisation mondiale de la Santé

Répartition mondiale des facteurs de risque par niveau de pauvreté

Tony Blakely, Simon Hales, Charlotte Kieft, Nick Wilson, & Alistair Woodward

RESUME

Objectif

Estimer l’association au niveau individuel entre pauvreté des revenus d’une part et maigreur, tabagisme, alcoolisme, absence d’accès à une eau saine et à des équipements sanitaires convenables, exposition à la pollution de l’air intérieur et obésité, d’autre part.

Méthodes

A l’aide de données d’enquête relatives au plus grand nombre possible de pays, les auteurs ont estimé l’association correspondant au risque relatif entre le revenu ou les ressources et les facteurs de risque au niveau individuel dans 11 sous-régions de l’OMS à revenus moyens et faibles. Ils ont analysé les données de l’OMS et de la Banque mondiale sur la prévalence des facteurs de risque et du niveau de pauvreté (défini comme le fait de disposer pour vivre de moins de US $ 1,00 par jour, de US $ 1 à 2,00 par jour ou de plus de US $ 2,00 par jour) pour évaluer l’association entre pauvreté et facteurs de risque pour chaque sous-région. Ils ont estimé l’effet éventuel d’une réduction de la pauvreté sur la prévalence des facteurs de risque à l’aide des pourcentages de risque attribuable des populations.

Résultats

Il existait de fortes associations entre pauvreté et malnutrition chez les enfants n’ayant accès qu’à de l’eau et à des équipements sanitaires insalubres et exposés à la pollution de l’air intérieur dans chaque sous-région (les risques relatifs étaient deux à trois fois plus élevés pour ceux vivant avec moins de US $ 1 par jour que pour ceux vivant avec plus de US $ 2 par jour). Les associations entre pauvreté d’une part et obésité, tabagisme ou alcoolisme d’autre part étaient variables d’une sous-région à l’autre. Si toutes les personnes disposant de moins de US $ 2,00 par jour présentaient le profil de facteurs de risque de celles vivant avec plus de US $ 2,00 par jour, 51 % des expositions à de l’eau et à un réseau sanitaire non traités, 37 % des cas de malnutrition infantile et 38 % des expositions à la pollution de l’air intérieur pourraient être évités. L’objectif de développement du Millénaire, certes plus réaliste, mais encore difficile à atteindre, consistant à réduire d’un facteur deux le nombre de personnes vivant avec moins de US $ 1,00 par jour, permettrait d’obtenir des diminutions plus faibles de ces nombres de cas.

Conclusion

L’obtention d’améliorations conséquentes de la santé dans le monde exige à la fois l’éradication de la pauvreté et des mesures de santé publique. Les méthodes employées dans cette étude peuvent être utiles à la surveillance des progrès en faveur de l’équité dans la réalisation des objectifs de développement du Millénaire.

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