Bulletin de l'Organisation mondiale de la Santé

La prise en charge intégrée des maladies de l’enfance coûte-t-elle plus cher que les soins systématiques ? Résultats provenant de la République-Unie de Tanzanie

Taghreed Adam, Fatuma Manzi, Joanna Armstrong Schellenberg, Leslie Mgalula, Don de Savigny, & David B. Evans

RESUME

Objectif

La stratégie de prise en charge intégrée des maladies de l’enfance (PCIME) est conçue pour faire face aux cinq causes principales de mortalité infantile, responsables dans leur ensemble de 70 % des 10 millions de décès d’enfants survenant chaque année dans le monde. Bien que la PCIME s’accompagne d’une amélioration de la qualité des soins, qui est la clé d’une issue plus clémente de la maladie, elle n’a pas encore été largement adoptée, en partie parce qu’elle est présumée plus onéreuse que les soins systématiques. Cet article compare le coût de la PCIME à celui des soins systématiques dans quatre districts de la République-Unie de Tanzanie.

Méthodes

On a estimé les coûts totaux pour la société des soins infantiles dispensés dans les districts comme la somme des coûts des soins de santé infantiles supportés dans le district au niveau du ménage, de l’installation de santé primaire et de l’hôpital. On a aussi pris en compte les coûts administratifs et les dépenses d’appui subis par les administrations relevant de l’Etat et du district. Le coût marginal de la PCIME correspond à la difference de coût des soins de santé infantiles entre les districts bénéficiant d’une prise en charge intégrée et ceux n’en bénéficiant pas, après standardisation pour la taille de la population.

Résultats

Le coût annuel par enfant de la dispensation de soins à des enfants de moins de cinq ans dans un district bénéficiant de la PCIME était de US $ 11,19, c’est-à-dire inférieur de 44 % à celui supporté dans les districts ne bénéficiant pas de cette prise en charge (US $ 16,09). Une grande partie de la différence était imputable aux taux plus élevés d’hospitalisation des enfants de moins de cinq ans dans les districts ne disposant pas de la PCIME. La totalité de cette différence ne peut être attribuée à la PCIME. Cependant même si l’on fait abstraction des différences de taux d’hospitalisation, le coût par enfant reste inférieur de 6 % dans les districts où une PCIME a été mise en place.

Conclusion

Dans les quatre districts tanzaniens étudiés, la PCIME n’entraînait pas des coûts plus élevés que ceux des soins de santé infantiles systématiques. Compte tenu de l’amélioration de la qualité des soins dans les districts bénéficiant de cette prise en charge, les résultats laissent à penser que les coûts ne devraient pas faire obstacle à l’adoption et à l’élargissement de la PCIME.

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