Bulletin de l'Organisation mondiale de la Santé

Amélioration de la surveillance des maladies grâce à la collaboration du secteur privé des soins de santé de Karachi, Pakistan: expérience tirée d'un essai vaccinal

Mohammad Imran Khan, Shah Muhammad Sahito, Mohammad Javed Khan, Shafi Mohammad Wassan, Abdul Wahab Shaikh, Ashok Kumar Maheshwari, Camilo J Acosta, Claudia M Galindo, Rion Leon Ochiai, Shahid Rasool, Sheeraz Peerwani, Mahesh K Puri, Mohammad Ali, Afia Zafar, Rumina Hassan, Lorenz von Seidlein, John D Clemens, Shaikh Qamaruddin Nizami, & Zulfiqar A Bhutta

RÉSUMÉ

INTRODUCTION

Pour les projets de recherche tels que les essais vaccinaux, une surveillance précise et exhaustive de l'ensemble des résultats intéressants revêt une importance critique. Dans les pays moins développés, où le secteur privé est le principal prestataire de soins de santé, il faut faire collaborer ce secteur à l'activité des systèmes de surveillance afin de bien prendre en compte toutes les maladies à suivre. Dans la pratique cependant, la mise en place de cette collaboration pose d'énormes difficultés. L'article décrit le processus de recrutement des établissements privés en vue de leur participation à la surveillance dans le cadre d'un essai vaccinal et les résultats de ce processus.

MÉTHODS

Le projet a débuté en janvier 2002 dans deux lotissements urbains spontanés de Karachi (Pakistan). A l'initiative de praticiens privés, une équipe spécialisée dans les prélèvements veineux a été constituée pour apporter un appui à la surveillance des maladies. Les enfants ayant des antécédents signalés de fièvre pendant plus de trois jours ont été recrutés dans l'étude pour faire l'objet d'un diagnostic.

RÉSULTATS

Entre mai 2003 et avril 2004, 5540 enfants de moins de 16 ans ayant présenté de la fièvre pendant trois jours ou plus ont été recrutés dans l'étude. Parmi ces enfants, 1312 (24 %) ont été vus d'abord par des praticiens privés, les autres ayant été présentés directement aux centres d'étude. Au total, 5329 échantillons de sang ont été prélevés pour examen microbiologique. L'hémoculture a permis d'évaluer l'incidence annuelle de Salmonella typhi à 407 cas [intervalle de confiance (IC) à 95 % : 368-448] pour 100 000 enfants appartenant à la tranche d'âges considérée et celle de Salmonella paratyphi A à 198 (CI à 95 % : 171-227) pour 100 000 enfants appartenant à la tranche d'âges considérée par an. Sans la contribution des praticiens privés, ces taux auraient été évalués à 240 pour 100 000 enfants de l'âge considéré et par an (CI à 95 % : 211 - 271) pour S. typhi et à 114 (CI à 95 % : 94-136) pour 100 000 enfants appartenant à la tranche d'âges considérée et par an pour S. paratyphi A.

CONCLUSION

Le secteur privé joue un rôle majeur dans la dispensation de soins de santé au Pakistan. L'expérience tirée de cette étude de surveillance et d'estimation de la charge de morbidité indique qu'il serait possible d'atteindre l'objectif d'amélioration de la surveillance grâce à la collaboration du secteur privé, mais que cela nécessiterait des efforts considérables et un renforcement de la confiance. Quoi qu'il en soit, il est essentiel de prendre en compte les dispensateurs de soins privés lorsqu'on tente d'estimer avec précision la charge de morbidité dans de tels pays.

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