Bulletin de l'Organisation mondiale de la Santé

Situation défavorisée sur le plan socioéconomique et comportements à risque pour la santé en Australie (période étudiée : 1989-90 à 2001)

Jake M. Najman, Ghasem Toloo, & Victor Siskind

RÉSUMÉ

OBJECTIF

Un faible statut socioéconomique est associé à des composantes peu saines du mode de vie telles que tabagisme, inactivité physique et excès de poids ou obésité. L’article examine l’évolution en fonction du temps en Australie de l’association entre un tel statut d’une part, et le tabagisme, l’activité physique et la présence d’un excès de poids ou d’une obésité, d’autre part.

MÉTHODES

Les données ont été tirées de trois enquêtes nationales de santé, menées successivement en Australie en 1989-90 (n = 54 576), 1995 (n = 53 828) et 2001 (n = 26 863). Les sujets de ces enquêtes ont été sélectionnés par une méthode d’échantillonnage probabiliste appliquée à l’échelle nationale et des données agrégées par zones géographiques ont été utilisées pour déterminer l’évolution dans le temps de l’association entre faible statut socioéconomique et mode de vie.

RÉSULTATS

Globalement, ce sont les hommes qui avaient le mode de vie le moins sain. En 2001, il existait, pour les femmes comme pour les hommes, des relations inverses entre la faiblesse du statut socioéconomique et la proportion de fumeur, le manque d’activité physique (sédentarité) et le pourcentage d’obèses. Des changements socioéconomiques importants sont intervenus sur la période 1989-90 à 2001. C’est dans les zones les moins désavantagées sur le plan socioéconomique que l’on a relevé la plus forte diminution du pourcentage de fumeurs (baisse de 24 % pour les hommes et de 12 % pour les femmes) et du pourcentage de personnes déclarant une activité sédentaire (baisse de 25 % pour les hommes et de 22 % pour les femmes). Malgré l’augmentation globale de la proportion de personnes en surpoids ou obèses au cours du temps, l’accroissement du pourcentage d’individus en surpoids a été modeste (de 16 % seulement pour les femmes) dans les zones associées à un statut socioéconomique élevé.

CONCLUSION

Les inégalités socioéconomiques se traduisent de plus en plus par l’aggravation de plusieurs comportements à risque pour la santé : des stratégies de prévention destinées à des populations spécifiques seraient donc à prévoir pour réduire les inégalités en matière de santé.

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