Bulletin de l'Organisation mondiale de la Santé

Effets de l’utilisation de moustiquaires de lit imprégnées d’insecticide au cours des premiers mois de la vie dans une zone à transmission palustre intense en Afrique : essai contrôlé randomisé

Olaf Müller, Corneille Traoré, Bocar Kouyaté, Yazoumé Yé, Claudia Frey, Boubacar Coulibaly, & Heiko Becher

RÉSUMÉ

OBJECTIF

De nombreuses études ont démontré l’efficacité contre le paludisme des moustiquaires de lit et des rideaux imprégnés d’insecticide. Toutefois, en raison d’interactions possibles avec le développement de l’immunité, les moustiquaires de lit peuvent n’avoir aucun effet réducteur sur la morbidité et la mortalité palustres dans les zones à forte transmission ou même les aggraver. Pour éclaircir cette question, on a donc réalisé un essai contrôlé randomisé visant à évaluer les effets à long terme de la protection assurée par les moustiquaires de lit au cours des premiers mois de la vie.

MÉTHODES

Au total, 3387 nourrissons de 41 villages de zones rurales du Burkina Faso ont été tirés au sort individuellement pour être protégés par une moustiquaire de lit soit dès la naissance (groupe A) soit à partir de l’âge de 6 mois (groupe B). Les résultas préliminaires concernaient la mortalité toutes causes confondues pour l’ensemble des enfants inclus dans l’étude et l’incidence du paludisme à falciparum dans un sous-échantillon représentatif de la population étudiée.

RÉSULTATS

Après un suivi de 27 mois en moyenne, on a enregistré 129 décès dans le groupe A et 128 décès dans le groupe B, soit un rapport de 1,0 (intervalle de confiance 95 % (IC) : 0,78-1,27). L’incidence du paludisme à falciparum était plus faible dans le groupe A que dans le groupe B, aussi bien entre 0 et 5 mois qu’entre 6 et 12 mois (RR 3,1, IC 95 % : 2,0-4,9 ; RR 1,3, IC 95 % : 1-1,6) et les taux d’anémie modérée à grave étaient sensiblement plus faibles entre 6 et 12 mois (11,5 % contre 23,3 %, p = 0,008), mais aucune différence n’a été constatée entre les groupes pour ces paramètres chez les enfants de plus de 12 mois.

CONCLUSION

Les résultats de l’étude apportent une preuve supplémentaire de l’efficacité des moustiquaires imprégnées d’insecticide dans la protection du jeune enfant vivant dans une zone à transmission palustre intense.

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