Bulletin de l'Organisation mondiale de la Santé

Dépistage du VIH dans le cadre des enquêtes nationales en population : expérience fournie par les enquêtes démographiques et de santé

Vinod Mishra, Martin Vaessen, J Ties Boerma, Fred Arnold, Ann Way, Bernard Barrere, Anne Cross, Rathavuth Hong, & Jasbir Sangha

RÉSUMÉ

OBJECTIF

Décrire les méthodes utilisées dans les enquêtes démographiques et de santé (DHS) pour recueillir des données représentatives au plan national sur la prévalence du virus de l’immunodéficience humaine (VIH) et évaluer l’utilité de ces données pour les systèmes nationaux de surveillance du VIH.

MÉTHODES

Entre 2001 et 2004, on a procédé à un dépistage du VIH sur des échantillons provenant d’hommes et de femmes adultes au Burkina Faso, au Cameroun, au Ghana, au Mali, au Kenya, en République dominicaine, en République-Unie de Tanzanie et en Zambie. Des échantillons de sang séché ont été prélevés sélectivement en vue de dépister le VIH conformément à des normes éthiques internationalement acceptées. Les résultats pour chaque pays sont présentés en fonction de l’âge, du sexe et du milieu (urbain ou rural). Pour estimer les effets des nonréponses, la prévalence du VIH chez les non-répondants hommes et femmes a été évaluée en appliquant aux sujets testés des modèles statistiques multivariés utilisant une série courante de variables prédictives.

RÉSULTATS

Les taux de dépistage se situaient entre 70 % chez les hommes au Kenya et 92 % chez les femmes au Burkina Faso et au Cameroun. Malgré les différences considérables de prévalence relevée par les enquêtes (1-16 %), des schémas d’infection par le VIH assez comparables ont été observés selon l’âge, le sexe et le milieu (urbain ou rural), les taux d’infection étant considérablement plus élevés en milieu urbain et chez les femmes, notamment les plus jeunes. L’analyse du biais lié aux non-réponses indique que malgré la prévision d’une prévalence plus élevée chez les personnes non testées comparativement aux personnes testées, l’effet global des nonréponses sur les estimations nationales étudiées de la prévalence du VIH est insignifiant.

CONCLUSION

Les enquêtes en population peuvent fournir des estimations fiables et directes de la séroprévalence nationale et régionale du VIH chez les hommes et les femmes, que celles-ci soient enceintes ou non. Les données fournies par les enquêtes améliorent sensiblement les systèmes de surveillance et la fiabilité des estimations nationales en cas d’épidémies généralisées.