Bulletin de l'Organisation mondiale de la Santé

Injections contraceptives par des agents de santé communautaires en Ouganda : essai en communauté non randomisé

John Stanback, Anthony K Mbonye, Martha Bekiita

Objectif

Comparer l’innocuité et la qualité d’injections contraceptives effectuées par des agents de santé communautaires avec celles d’injections réalisées par du personnel infirmier en milieu clinique dans des zones rurales africaines.

Méthodes

Dans le cadre d’un essai en communauté non randomisé, on a étudié la délivrance de Depo Provera injectable (DMPA) par des agents communautaires formés à la santé génésique et on l’a comparée avec la délivrance habituelle de ce contraceptif dans les établissements sanitaires de district de Nakasongola en Ouganda. Les principales mesures de performance étaient l’innocuité, l’acceptabilité et le taux de continuation de la contraception.

Résultats

Des agents de santé communautaires, ainsi que du personnel infirmier et des sages-femmes exerçant en milieu clinique, ont recruté au total 945 nouvelles utilisatrices de DMPA. Les chercheurs ont réussi à suivre 777 (soit 82%) d’entre elles, dont 449 clientes d’agents de santé communautaires et 328 clientes d’établissements cliniques. 95% des clientes d’agents communautaires se sont déclarées « satisfaites » ou « très satisfaites » de la prestation et 85% ont signalé avoir reçu des informations sur les effets secondaires. Aucun problème grave lié au site d’injection n’est apparu dans aucun des groupes. De même, aucune différence notable en termes de continuation avec la deuxième injection (88% chez les clientes des agents de santé communautaires et 85% chez les clientes d’établissements cliniques), ou d’innocuité, d’acceptabilité et de qualité, n’a été relevée.

Conclusion

La délivrance dans le cadre communautaire (CBD) de contraceptifs injectables est maintenant courante dans certains pays d’Asie et d’Amérique latine, mais pratiquement inconue en Afrique, où cette pratique est peut être la plus nécessaire. La présente étude confirme l’expérience acquise dans d’autres régions, qui laisse à penser que des agents de santé communautaires convenablement formés peuvent pratiquer sans risque des injections contraceptives.

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