Bulletin de l'Organisation mondiale de la Santé

Formation du personnel au service de la santé des populations par l’Ecole nationale de santé publique d’Afrique du Sud : une réponse aux besoins de l’Afrique

Kebogile Mokwena, Mathilda Mokgatle-Nthabu, Sphiwe Madiba, Helen Lewis, Busi Ntuli-Ngcobo

Problématique

Le manque de personnel formé à la santé publique demeure un grand problème en Afrique. Dans la partie sub-saharienne de ce continent, on estime que l’effectif du personnel travaillant pour la santé publique représente 1,3% de la main-d’œuvre mondiale au service de la santé et doit cependant faire face à 25% de la charge de morbidité mondiale.

Démarche

Pour remédier à cette insuffisance, l’Ecole nationale de santé publique de la Faculté médicale d’Afrique du Sud a mis au point une démarche innovante, utilisant des modules d’enseignement à distance, pour délivrer son programme de santé publique. L’enseignement magistral obligatoire est limité à quatre unités de deux semaines.

Modifications pertinentes

La combinaison de modules d’apprentissage principalement en ligne avec des programmes d’enseignement magistral traditionnel permet de réduire les obstacles dus aux distances géographiques. Dans le même temps, le programme d’enseignement a été structuré de manière à contextualiser les problèmes de santé du continent africain dans des cours et des travaux de recherche répondant aux besoins spécifiques des étudiants.

Enseignements tirés

L’approche adoptée par l’Ecole nationale de santé publique permet un accroissement constant des effectifs au service de la santé publique en Afrique. Grâce aux modules flexibles d’enseignement en ligne et aux projets de recherche consacrés spécifiquement à l’Afrique, des diplômés de 16 pays africains ont pu bénéficier de ce programme. Une évaluation a montré que des programmes de ce type devaient constamment motiver leurs participants pour limiter le taux d’abandon et que pour être admis dans le cursus, les étudiants devaient avoir au préalable des connaissances en informatique. Dans le contexte africain, des formations courtes, sanctionnées par un certificat, seraient utiles. Le programme présenté pourrait être reproduit dans d’autres régions du continent.

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