Bulletin de l'Organisation mondiale de la Santé

La contribution du Malawi à l’initiative « trois millions d’ici 2005 » : résultats obtenus et défis à relever

Edwin Libamba, Simon D Makombe, Anthony D Harries, Erik J Schouten, Joseph Kwong-Leung Yu, Olesi Pasulani, Eustice Mhango, John Aberle-Grasse, Mindy Hochgesang, Eddie Limbambala, Douglas Lungu

Problématique

De nombreux pays pauvres en ressources ont entamé l’extension du traitement antirétroviral (ART). Si les informations provenant des différents établissements font état d’une mise en œuvre satisfaisante, les données restent limitées quant aux progrès accomplis par les services publics au niveau national.

Démarche

Le Malawi a commencé l’extension du traitement antirétroviral au niveau national en 2004 au moyen d’une approche structurée utilisant principalement une association fixe de type générique, associant stavudine, lamivudine et néviparine. Le traitement est fourni gratuitement aux sujets porteurs du VIH et remplissant les critères d’inclusion et un système normalisé est appliqué pour le recrutement des malades, le suivi mensuel, l’enregistrement et la surveillance, ainsi que pour la notification des cas et des issues du traitement. Une supervision et une évaluation trimestrielles sont assurées dans tous les centres de traitement.

Situation locale

En janvier 2004, un traitement antirétroviral était fourni à quelque 4000 malades dans neuf centres relevant du secteur public. En décembre 2005, 60 de ces centres délivraient gratuitement des antirétroviraux à 37 840 malades par l’intermédiaire de systèmes nationaux normalisés. L’analyse des résultats trimestriels du traitement pour les cohortes a montré qu’au bout de 12 mois 80% des sujets étaient en vie, 10% étaient décédés, alors qu’on avait perdu la trace de 9% d’entre eux et qu’on enregistrait 1% d’abandons du traitement.

Enseignements tirés

Les résultats ont pu être obtenus grâce à des directives nationales claires sur le traitement antirétroviral, à la collaboration entre les partenaires chargés de la mise en œuvre, à une formation intensive des cliniciens et des infirmières, à un système structuré d’accréditation des centres appelés à délivrer le traitement, à une supervision et une surveillance trimestrielles, ainsi qu’à un approvisionnement continu en antirétroviraux. Les principaux défis consistent à améliorer le nombre - limité au demeurant - d’enfants, de femmes enceintes et de malades souffrant de la tuberculose et entamant un traitement ARV et à réduire la forte mortalité précoce et le nombre de sujets perdus de vue. L’aptitude du secteur de la santé à faire face au nombre sans cesse plus élevé de cas et à étendre les activités de prévention en plus du traitement est aussi une source de préoccupations. C’est la capacité à relever ces défis qui conditionnera le succès du traitement antirétroviral au Malawi.

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