Bulletin de l'Organisation mondiale de la Santé

Impact d’un programme national de lutte contre les helminthes sur les taux d’infestation et de morbidité dues à ces parasites chez des écoliers ougandais

Narcis B Kabatereine, Simon Brooker, Artemis Koukounari, Francis Kazibwe, Edridah M Tukahebwa, Fiona M Fleming, Yaobi Zhang, Joanne P Webster, J Russell Stothard, Alan Fenwick

Objectif

Nous nous sommes efforcés d’évaluer l’impact sur la santé d’un programme national de lutte contre la schistosomiase et contre les nématodes intestinaux en Ouganda, qui dispense une chimiothérapie antihelminthique en population depuis 2003.

Méthodes

Nous avons réalisé une enquête longitudinale sur le statut infectieux, le taux d’hémoglobine et la morbidité clinique chez 1871 écoliers, choisis au hasard parmi 37 écoles relevant de 8 districts, répartis à travers l’Ouganda, en mesurant ces paramètres à trois moments différents : avant chimiothérapie, un an après une chimiothérapie massive annuelle et deux ans après ce traitement.

Résultats

Le traitement massif par le praziquantel et l’albendazole a entraîné une diminution importante de l’intensité de l’infestation par Schistosoma Mansoni : 70% [intervalle de confiance à 95% (IC) = 66 – 73%] après un an et 82% [intervalle de confiance à 95% (IC) = 80 – 85%] après deux ans de traitement. L’intensité de l’infestation par les ankylostomes a aussi baissé [de 75% et de 93% respectivement (valeurs non ajustées)]. On a relevé une hausse importante du taux d’hémoglobine après un an [0,135 g/dl (IC à 95% = 0,126 – 0,144)] et deux ans [0,303 g/dl (IC à 95% = 0,293 – 0,312)] de traitement et une diminution notable des signes précoces de morbidité clinique. L’impact de l’intervention sur les concentrations de S. mansoni a été similaire à celui prévu par des modèles de l’impact de la chimiothérapie sur la schistosomiase humaine. C’est chez les enfants anémiques ou fortement infestés par S. mansoni au départ que l’on a relevé les plus fortes améliorations du taux d’hémoglobine.

Conclusion

Le traitement antihelminthique délivré dans le cadre d’un programme national de lutte contre les helminthes est en mesure de faire baisser les taux d’infestation et de morbidité chez les écoliers et d’améliorer leur taux d’hémoglobine.

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