Bulletin de l'Organisation mondiale de la Santé

Garantir un approvisionnement ininterrompu en médicaments antirétroviraux dans un pays à ressources limitées : exemple du Malawi

Anthony D Harries, Erik J Schouten, Simon D Makombe, Edwin Libamba, Henry N Neufville, Eliab Some, Godfrey Kadewere, Douglas Lungu

Problème

Dans beaucoup de pays à ressources limitées, il n’existe guère de procédures d’achat et de distribution des médicaments solidement organisées, ce qui est l’une des raisons majeures du manque d’accès aux médicaments. De nombreux pays ayant entrepris d’étendre l’application des traitements antirétroviraux (ART), il importe d’éviter toute interruption de l’approvisionnement en médicaments, susceptible d’entraîner l’apparition d’une résistance médicamenteuse et des échecs thérapeutiques.

Démarche suivie

Le Malawi a adapté le modèle utilisé par le Programme national de lutte contre la tuberculose pour prévoir les besoins nationaux en antirétroviraux.

Contexte local

Ce modèle fait appel à un schéma thérapeutique ART de première intention unique et standardisé, à un système de type «pulsion» et à des «plafonds» pour les médicaments antirétroviraux de première intention destinés aux établissements de santé ; à l’association d’un kit de mise en route du traitement et de kits pour phase d’entretien, à un suivi sur trois mois des résultats obtenus chez les patients et des stocks d’antirétroviraux au niveau des établissements, au maintien d’un stock tampon pour 3 mois dans les établissements, ainsi qu’à un système d’achat et de distribution indépendant des magasins centraux de médicaments.

Enseignements tirés

Grâce à l’utilisation majoritaire d’un schéma thérapeutique de première intention unique et de «plafonds» pour les ART de première intention, à la collecte trimestrielle de données pour calculer les besoins en médicaments (pour les nouveaux patients et ceux en cours de traitement respectivement) et au recours à une unité d’achat indépendante, il est possible d’établir les commandes de médicaments 6 à 9 mois à l’avance. Ces mesures ont permis jusqu’à présent d’éviter toute rupture de stocks d’antirétroviraux dans le pays.

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