Bulletin de l'Organisation mondiale de la Santé

Étude sur 7 ans et sur une cohorte d’adultes dont la séroconversion au VIH-1 est connue de l’évolution vers les critères de l’OMS concernant la mise en route d’un traitement antirétroviral (réalisée à Abidjan en Côte d’Ivoire)

Albert Minga, Christine Danel, Yao Abo, Lambert Dohoun, Dominique Bonard, Ali Coulibaly, Julien Duvignac, François Dabis, Roger Salamon, Xavier Anglaret

Objectif

Estimer la probabilité de remplir les critères de mise en route d’un traitement antirétroviral hautement actif (HAART) dans le cadre d’une étude prospective portant sur une cohorte d’adultes ayant subi une séroconversion au VIH-1, à Abidjan (Côte d’Ivoire).

Méthodes

Nous avons recruté des sujets parmi les donneurs positifs pour le VIH d’une banque de sang d’Abidjan pour lesquels le délai écoulé depuis la date estimée de la séroconversion (date située à mi-distance entre le dernier test négatif et le premier test positif pour le VIH-1) était ⩽ 36 mois. Nous avons proposé à ces sujets un traitement prophylactique précoce par le triméthoprime-sulfaméthoxazole (cotrimoxazole) et une numération deux fois par an des lymphocytes T CD4. Nous avons procédé à un enregistrement normalisé de la morbidité. Nous avons utilisé la méthode de Kaplan-Meier pour estimer la probabilité de remplir les critères de mise en route d’un traitement de type HAART selon les Directives OMS de 2006.

Résultats

217 adultes, dont 77 femmes (35%), ont été suivis sur 668 personnes-ans. Les maladies les plus fréquemment relevées chez eux étaient des affections bactériennes bénignes (6,0/100 personnes-ans), des paludismes (3,6/100 personnes-ans), des zonas (3,4/100 personnes-ans), des affections bactériennes graves (3,1/100 personnes-ans) et des tuberculoses (2,1/100 personnes-ans). La probabilité de remplir les critères 2006 de l’OMS concernant la mise en route d’un traitement HAART a été estimée à 0,09 ; 0,16 ; 0,24 ; 0,36 et 0,44 respectivement pour les années 1, 2, 3, 4 et 5.

Conclusion

Nos données font ressortir l’incidence de la morbidité précoce liée au VIH parmi une population adulte ivoirienne et confirment la nécessité de rendre plus accessible le dépistage de ce virus et de pratiquer un suivi précoce des adultes séropositifs en Afrique de l’Ouest.

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