Bulletin de l'Organisation mondiale de la Santé

Fécondité non désirée parmi les populations défavorisées : un problème d’équité ?

Duff Gillespie, Saifuddin Ahmed, Amy Tsui, Scott Radloff

Objectif

Déterminer si la plus forte fécondité et l’usage plus limité de la contraception parmi les segments les plus pauvres de la société doivent être considérés comme une inégalité, reflétant un plus grand désir chez les personnes pauvres de constituer des familles nombreuses, ou comme un problème d’équité : un résultat de la pauvreté traduisant l’incapacité à obtenir la fécondité souhaitée dans la même mesure que les segments plus riches de la société.

Méthodes

A partir des enquêtes démographiques et de santé les plus récemment réalisées dans 41 pays, nous avons étudié les différences de fécondité en tenant compte des moyens contraceptifs modernes utilisables, la fécondité non désirée (définie comme la fécondité en excès par rapport à la fécondité souhaitée) et la disponibilité de services de planification familiale pour les segments pauvres et riches de la société. Dans chaque enquête, l’indice de revenu a été utilisé pour constituer les quintiles les plus riches et l’indice de concentration des inégalités de revenus a été déterminé.

Résultats

La relation entre l’indice de concentration trouvé pour le taux de fécondité totale et l’utilisation de moyens contraceptifs est linéaire (R² = 0,289). Le nombre de naissances non désirées est deux fois plus élevé dans le quintile le plus pauvre que dans celui le plus riche (respectivement 1,2 et 0,5), bien qu’il existe de grandes variations entre les 41 pays considérés. L’indice de concentration correspondant à notre mesure de la disponibilité de services de planification familiale (messages radiophoniques, connaissance des services et contact avec des agents de terrain) présentait une forte corrélation positive avec l’indice de concentration de la prévalence des moyens contraceptifs modernes (R² valant respectivement 0,392, 0,692 et 0,526).

Conclusion

Dans nombre de pays, le taux de fécondité plus élevé et le recours plus limité aux moyens contraceptifs observés chez les plus démunis par comparaison avec les populations aisées doivent être considérés comme un problème d’équité.

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