Bulletin de l'Organisation mondiale de la Santé

Incidence du VIH/sida sur la réalisation des objectifs de la lutte antituberculeuse

KF Laserson, CD Wells

En 1991, la 44e Assemblée mondiale de la Santé a fixé deux objectifs essentiels à la lutte mondiale contre la tuberculose (TB) à atteindre d’ici 2000 : détection, dans le cadre de la stratégie DOTS préconisée par l’OMS, de 70% des cas de TB à frottis positif pour les bacilles acido-alcoolorésistants et succès du traitement chez 85% des cas détectés. Le présent article décrit le passage à l’échelle supérieure de la lutte antituberculeuse pour réaliser ces objectifs. Il étudie aussi les obstacles rencontrés dans cette réalisation, en s’intéressant particulièrement à l’impact des infections à VIH sur la lutte antituberculeuse.

Il sera plus facile de renforcer la lutte contre la TB en élargissant les activités de collaboration TB/VIH recommandées par l’OMS et en améliorant la coordination entre les programmes de lutte anti-VIH et anti-TB, notamment pour endiguer les TB pharmacorésistantes. Il est entre autre nécessaire de renforcer les activités de conseil et de dépistage concernant le VIH auprès des malades tuberculeux, d’élargir l’utilisation et l’acceptation de l’isoniazide comme traitement préventif chez les individus infectés par le VIH, de dépister les tuberculoses actives dans les établissements dispensant des soins liés au VIH/sida et d’offrir un accès universel au traitement antirétroviral à tous les individus porteurs du VIH remplissant les critères pour bénéficier d’un tel traitement. Une intégration des services accueillant les malades tuberculeux et de ceux affectés au VIH/sida s’impose dans tous les établissements (à savoir des unités de soins en rapport avec le VIH et de celles de traitement de la TB), et tout particulièrement dans les établissements périphériques, pour traiter avec efficacité les personnes atteintes des deux maladies, prolonger leur survie et tirer la maximum de moyens humains limités.

La réalisation des objectifs mondiaux de la lutte antituberculeuse suppose en particulier un regain d’intérêt pour les activités de collaboration TB/VIH, accompagné d’une volonté et d’un investissement très forts sur le plan politique.

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