Bulletin de l'Organisation mondiale de la Santé

Emigration des médecins indiens de haut niveau

Manas Kaushik, Abhishek Jaiswal, Naseem Shah, Ajay Mahal

Objectif

Etudier la relation entre qualité de la formation en médecine et émigration chez les anciens élèves de l’ensemble des facultés de médecine indiennes, à New Delhi (Inde), sur la période 1989-2000.

Méthodes

Dans le cadre d’une étude rétrospective de cohorte, nous avons recueilli des données sur les diplômés de ces facultés à partir des listes d’étudiants ayant réussi les examens d’entrée, des annuaires d’anciens élèves et des registres de convocation, ainsi qu’auprès de l’American Medical Association et de réseaux informels d’anciens élèves. Nous avons analysé ces données à l’aide de tables de contingence 2 x 2 et de modèles de régression logistique.

Résultats

Près de 54 % des anciens élèves des facultés de médecine indiennes diplômés entre 1989 et 2000 résident actuellement dans un pays autre que l’Inde. Les étudiants admis dans la catégorie générale avaient une probabilité deux fois plus forte de résider à l’étranger (intervalle de confiance à 95 % : 1,53-2,99) que ceux admis grâce à la discrimination positive (affirmative action). Pour les étudiants titulaires de plusieurs distinctions universitaires, la probabilité d’émigrer était supérieure de 35 % à celle des étudiants sans distinction de ce type (intervalle de confiance à 95 % : 1 ,04-1,76). Ces conclusions de base restent non modifiées à l’issue d’analyses multivariées.

Conclusion

Les diplômés d’établissements de haut niveau représentent une part disproportionnée des médecins émigrés. Et même au sein des établissements d’élite, telles que les facultés de médecine, ce sont les meilleurs médecins qui ont la plus forte probabilité d’émigrer. Les interventions doivent viser les individus ayant reçu une formation de haut niveau dans les meilleurs établissements, qui contribuent de manière disproportionnée à la perte de ressources humaines pour le secteur de la santé. Nos résultats laissent à penser que les programmes d’ « affirmative action » pourraient avoir un bénéfice non visé au départ, en contribuant à retenir une partie de ce personnel.

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