Bulletin de l'Organisation mondiale de la Santé

Estimation de la prévalence et de l’incidence mondiales de l’infection par l’herpesvirus de type 2

Katharine J Looker, Geoffrey P Garnett, George P Schmid

Objectif

Estimer la prévalence et l’incidence mondiales en 2003 de l’infection par le virus de l’herpes simplex de type 2 (HSV-2).

Méthodes

On a procédé à une revue systématique des enquêtes de séroprévalence publiées et indiquant la prévalence ou l’incidence du HSV-2 par âge et par sexe. Pour chacune des 12 régions étudiées, un modèle d’effet aléatoire a permis de générer des valeurs de la prévalence agrégées par âge et par sexe. On a ensuite estimé l’incidence de l’herpesvirus à partir de ces valeurs agrégées en utilisant un modèle à incidence constante. Les valeurs de la séroprévalence du HSV-2 fournies par ce modèle une fois ajusté ont été appliquées à la population totale pour estimer les nombres de personnes infectées.

Résultats

Le nombre total de personnes de 15 à 49 ans vivant en 2003 dans le monde avec le HSV-2 a été estimé à 536 millions, tandis que le nombre total de personnes nouvellement infectées par ce virus en 2003 était évalué à 23,6 millions. Même si ces estimations se heurtent au manque de disponibilité des données, des tendances générales sont clairement observables. Par exemple, les femmes sont plus nombreuses que les hommes à être infectées et le nombre de personnes infectées augmente avec l’âge. Malgré des variations substantielles de la prévalence d’une région à l’autre, la valeur prédite de ce paramètre est dans la plupart des cas plus élevée dans les régions en développement que dans les régions développées.

Conclusion

La prévalence du virus HSV-2 est relativement facile à mesurer car il infecte les malades à vie et fait l’objet d’un test sérologique spécifique. La charge de morbidité est moins aisée à quantifier. Si les données sur lesquelles reposent ces estimations sont souvent clairsemées, il est cependant clair que l’infection par le HSV-2 est très répandue. Les différences considérables du taux de prévalence entre les régions méritent une étude plus poussée.

Partager