Bulletin de l'Organisation mondiale de la Santé

Survie, taux d’ARN VIH-1 plasmatique et résistance aux antirétroviraux chez des adolescents et des jeunes adultes haïtiens infectés par le VIH 1

Macarthur Charles, Francine Noel, Paul Leger, Patrice Severe, Cynthia Riviere, Carole Anne Beauharnais, Erica Miller, John Rutledge, Heejung Bang, Wesley Shealey, Richard T D’Aquila, Roy M Gulick, Warren D Johnson, Peter F Wright, Jean William Pape & Daniel W Fitzgerald

Objectif

Evaluer les issues du traitement antirétroviral (ART) chez des adolescents et des jeunes vivant en Haïti, pays victime d’une épidémie généralisée de VIH-1.

Méthodes

On a effectué une évaluation de la survie, du taux d’acide ribonucléique (ARN) VIH-1 plasmatique et des schémas de pharmacorésistance du VIH-1 après 12 mois de traitement ART chez des jeunes individus de 13 à 25 ans atteints de sida, accueillis dans un dispensaire de Port-au-Prince entre le 1er mars 2003 et le 31 décembre 2005. Les sujets de l’étude ont reçu des antirétroviraux conformément aux recommandations de l’OMS. On a utilisé une analyse de Kaplan-Meier pour estimer les probabilités de survie et les intervalles de confiance à 95% (IC) correspondants pour la période allant du début du traitement ART au décès des sujets.

Résultats

Sur les 146 malades, 96 (66%) étaient des femmes ; la valeur médiane de référence pour la numération des lymphocytes CD4+ était de 129 cellules/ml. L’analyse de Kaplan-Meier a montré que 13% des malades étaient décédés au bout de 12 mois, 17% au bout de 24 mois et 20% au bout de 36 mois. On a relevé une concentration d’ARN VIH-1 plasmatique ≥ 50 copies/ml chez 40 malades sur 79 (51%), 12 mois après le début du traitement, en association avec une mauvaise observance thérapeutique. Chez 29 malades présentant plus de 1000 copies/ml au bout de 12 mois, on a détecté des mutations de résistance aux inhibiteurs non-nucléosidiques de la transcriptase inverse (NNRTI) dans 23 cas (79%) ; à la fois aux NNRTI et à la lamivudine dans 21 cas (72%) ; et aux NNRTI, à la lamivudine et à des inhibiteurs nucléosidiques de la transcriptase inverse dans 10 cas (35%). Cent six participants ont rapporté avoir eu des rapports sexuels non protégés et 35 des 96 femmes (36%) étaient enceintes pendant le suivi.

Conclusion

Les adolescents et les jeunes atteints de sida qui reçoivent un traitement ART courent un risque d’échec virologique et de progression de la maladie et peuvent donc transmettre le VIH-1 à leurs partenaires sexuels et le cas échéant à leur enfant à naître. Il est urgent de disposer de stratégies permettant de cibler les besoins spécifiques de cette tranche d’âges.

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