Bulletin de l'Organisation mondiale de la Santé

Optimisation des soins pédiatriques en rapport avec le VIH/sida au Kenya : difficultés d’un diagnostic précoce chez l’enfant

Peter Cherutich, Irene Inwani, Ruth Nduati, Dorothy Mbori-Ngacha

Problématique

En 2003, Le Ministère de la santé kenyan s’était donné pour objectif de faire bénéficier d’ici fin 2005 d’un traitement antirétroviral (ART) 50 % des 250 000 personnes qui pourraient y prétendre d’après les estimations. En juillet 2005, 45 000 adultes et plus de 2000 enfants étaient sous traitement. Une étude a été menée pour déterminer les obstacles s’opposant à l’identification des enfants infectés par le VIH.

Démarche

Les politiques gouvernementales existantes ont été examinées et le registre de délivrance du traitement ART du programme kenyan anti-VIH/sida a été utilisé pour identifier les établissements distribuant ce traitement. Le présent article rapporte les résultats en rapport avec le diagnostic et le stadage de l’infection à VIH chez l’enfant.

Contexte local

Lors de la réalisation de l’étude, 58 établissements de santé dispensaient le traitement ART à des enfants. Un seul de ces établissements appliquait un dépistage systématique du VIH dans son service anténatal. Six établissements pratiquaient un suivi systématique des enfants exposés au VIH. On ne disposait pas facilement d’un test de recherche des anticorps applicable aux enfants. Si quatre centres de recherche étaient en mesure de diagnostiquer le VIH/sida par une technique de type PCR, ils n’exerçaient ces capacités qu’à des fins de recherche. L’étude a révélé d’autres contraintes : infrastructure matérielle inadéquate, insuffisance des systèmes de contrôle de la qualité des laboratoires et pénurie de personnel.

Enseignements tirés

Un cadre politique pour l’identification des enfants infectés par le VIH a été établi, même s’il est trop étroitement axé sur les enfants malades. L’évaluation a mis en évidence les faiblesses des structures de diagnostic systématique du VIH par des examens en laboratoire ou par des algorithmes partant de données cliniques. Les chercheurs ont conclu qu’une formation du personnel de santé et que l’application de la démarche standard d’identification systématique des enfants infectés par le VIH s’imposaient d’urgence.

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