Bulletin de l'Organisation mondiale de la Santé

Traitement préventif intermittent du paludisme pendant la grossesse : effets d’un nouveau système de délivrance de ce traitement sur la santé maternelle et l’issue de la grossesse en Ouganda

A K Mbonye, I C Bygbjerg, P Magnussen

OBJECTIF

Evaluer la possibilité de faire administrer aux Femmes enceintes le traitement préventif intermittent antipaludique (TPI) à base de sulfadoxine-pyriméthamine par des accoucheuses traditionnelles, des vendeurs de médicaments, des agents de santé reproductive communautaires ou des mobilisateurs adolescents.

Méthodes

Un essai en communauté non randomisé a été réalisé parmi 21 groupes communautaires (intervention) et quatre groupes dont les centres de santé dispensaient le TPI selon le mode habituel (témoins). Les principales mesures de résultat étaient l’accès au traitement et son observance, le nombre d’épisodes palustres, la prévalence de l’anémie et le poids à la naissance. Les nombres de naissances vivantes, d’avortements, de mortinaissances et de décès maternels et infantiles constituaient des mesures secondaires.

Résultats

1404 (67,5 %) des 2081 femmes bénéficiant du nouveau système de délivrance ont reçu deux doses de sulfadoxine-pyriméthamine contre 281 (39,9 %) des 704 femmes desservies par des centres de santé (p < 0,0001). La prévalence des épisodes palustres a baissé de 906 sur 1830 (49,5 %) à 160 sur 909 (17,6 %) (p < 0,001) avec le nouveau système de délivrance et de 161 sur 412 (39,1 %) à 13 sur 99 (13,1 %) dans le cas de la desserte par des centres de santé. La prévalence de l’anémie était sensiblement plus faible dans les deux bras de l’étude. La proportion de faibles poids à la naissance était plus réduite (6 %) avec le nouveau système de délivrance qu’avec la délivrance par les centres de santé (p < 0,03). Dans l’un et l’autre bras de l’étude, on a enregistré peu d’avortements et de mortinaissances. Le nombre de mères et d’enfants décédés était plus faible dans les groupes recevant le TPI des centres de santé que parmi les groupes témoins.

CONCLUSION

La nouvelle approche était associée à un accès plus précoce au TPI et à une observance accrue de ce traitement. Les centres de santé se sont néanmoins révélés plus efficaces dans la réduction de la parasitémie et des épisodes palustres. Nous recommandons la réalisation d’études supplémentaires afin d’évaluer les modalités programmatiques pour faire la liaison entre la nouvelle approche et celle s’appuyant sur les centres de santé.

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