Bulletin de l'Organisation mondiale de la Santé

Rapport coût-efficacité des méthodes de diagnostic du paludisme en Afrique subsaharienne à l’heure des polythérapies

Samuel Shillcutt, Chantal Morel, Catherine Goodman, Paul Coleman, David Bell, Christopher JM Whitty, A Mills

Objectif

Evaluer le rapport coût-efficacité dans différents pays d’Afrique subsaharienne du traitement présomptif, de la microscopie classique sur le terrain et des tests diagnostiques rapides (TDR) dans le diagnostic du paludisme.

Méthodes

Nous avons fait appel à un modèle d’arbre de décisions et à une analyse probabiliste de sensibilité, qui ont été appliqués aux patients se présentant en ambulatoire dans des établissements de soins ruraux avec une présomption de paludisme. Nous avons évalué les coûts et les effets du traitement à la fois pour les patients positifs aux TDR (en les supposant sous traitement par une polythérapie à base d’artémisinine) et les patients fébriles négatifs à ces tests (en les supposant sous traitement antibiotique). Nous avons considéré que les interventions étaient efficientes sous l’angle économique si elles étaient moins coûteuses et plus efficaces ou si elles fournissaient un coût marginal par année de vie corrigée de l’incapacité évité inférieur à US $ 150. Les données ont été extraites de sources publiées et non publiées, complétées par des avis d’experts.

Résultats

Les TDR se sont révélés efficaces sur le plan économique par comparaison avec le traitement présomptif jusqu’à des valeurs élevées de la parasitémie due à Plasmodium falciparum. Les décideurs peuvent accorder à ce résultat un niveau de confiance de 50 % lorsque la prévalence du paludisme est inférieure à 81 % et de 95 % lorsque cette prévalence est inférieure à 62 %, niveau rarement dépassé dans la pratique. Au-dessous de 58 % de prévalence, la probabilité que les TDR permettent des économies était supérieure à 50 %. Par rapport à la microscopie, les tests avaient une probabilité de plus de 85 % d’avoir un bon ratio coût-efficacité sur l’ensemble des niveaux de prévalence, en accord avec la meilleure précision qu’on s’attend à leur voir fournir en conditions réelles. Ces résultats ont résisté à une analyse de sensibilité approfondie. Le rapport coût-efficacité des TDR reflétait principalement l’amélioration des traitements et des issues des maladies fébriles non palustres, ainsi que les économies réalisées sur les coûts des antipaludiques. Ces résultats supposaient que les prescripteurs aient utilisé les réponses des tests pour guider les décisions thérapeutiques.

Conclusion

Les TDR sont en mesure d’avoir un bon rapport coût-efficacité dans la plupart des régions de l’Afrique subsaharienne. Une prise en charge appropriée du paludisme et des maladies fébriles non palustres est nécessaire pour tirer un bénéfice maximal de ces tests.

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