Bulletin de l'Organisation mondiale de la Santé

Analyse interrégionale et multinationale du rapport coût/efficacité pour le traitement de la schizophrénie dans le monde en développement

Dan Chisholm, Oye Gureje, Sandra Saldivia, Marcelo Villalón Calderón, Rajitha Wickremasinghe, Nalaka Mendis, Jose-Luis Ayuso-Mateos, Shekhar Saxena

Objectif

La schizophrénie est une maladie hautement handicapante et coûteuse à traiter. Nous nous sommes efforcés de déterminer les interventions les plus efficaces parmi celles applicables aux régions et aux pays en développement.

Méthodes

L’analyse a été effectuée au niveau de trois régions de l’OMS, comprenant les Amériques, la région africaine et l’Asie du Sud-est, puis dans trois de leurs Etats Membres (le Chili, le Nigeria et le Sri Lanka). Un modèle de transition d’état a été utilisé pour estimer l’impact sanitaire en population de médicaments antipsychotiques anciens et plus récents, seuls ou associés à une intervention psychosociale. A partir des coûts totaux pour les populations (en dollars internationaux ou en monnaie locale) et de l’efficacité (mesurée en perte d’années de vie corrigée de l’incapacité évitée), on a établi les rapports coût/efficacité.

Résultats

Le meilleur rapport coût/efficacité a été établi pour les interventions associant des antipsychotiques anciens et un traitement psychosocial, délivrés par un service à base de communautaire (I$ 2350 – 7158 par perte d’année de vie corrigée de l’incapacité évitée pour l’ensemble des trois régions et I$ 1670 – 3400 après contextualisation au niveau des pays dans chacune des régions). Le rapport coût/efficacité des interventions faisant usage d’antipsychotiques nouveaux et « atypiques » est estimé comme nettement moins favorable.

Conclusion

Si l’on passe à un service à base de communautaire et si l’on choisit des options de traitement efficaces, le coût d’une augmentation substantielle de la couverture thérapeutique n’est pas élevé (moins de I$ 1 d’investissement par habitant). Cette étude, ainsi que d’autres critères de définition des priorités tels que la gravité de la maladie, la vulnérabilité et la protection des droits de l’homme, laissent à penser que beaucoup de choses pourrait être faites pour les personnes et leurs familles confrontées dans la vie à ce trouble.

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