Bulletin de l'Organisation mondiale de la Santé

Les interventions pour modifier le mode de vie fonctionnent-elles dans les pays en développement ? Résultats du Programme pour la santé cardiaque d’Isfahan en République islamique d’Iran

Nizal Sarrafzadegan, Roya Kelishadi, Ahmad Esmaillzadeh, Noushin Mohammadifard, Katayoun Rabiei, Hamidreza Roohafza, Leila Azadbakht, Ahmad Bahonar, Gholamhossein Sadri, Ahmad Amani, Saeid Heidari & Hossein Malekafzali

Objectif

Evaluer les effets d’une intervention en communauté intégrée et complète, visant à modifier le mode de vie, sur l’alimentation, l’activité physique et le tabagisme dans deux communautés iraniennes.

Méthodes

Dans le cadre du Programme pour la santé cardiaque d’Isfahan, un essai en communauté a été mené dan deux régions administratives d’intervention (Isfahan et Najaf-Abad) et dans une zone témoin (Arak). Les interventions pour modifier le mode de vie visaient des populations urbaines et rurales des régions administratives d’intervention et n’ont pas été mises en œuvre dans la région d’Arak. Dans chaque communauté, on a sélectionné un échantillon aléatoire d’adultes en procédant chaque année à un sondage en grappes à plusieurs degrés. La consommation d’aliments, l’exercice physique et les habitudes tabagiques ont été quantifiés et affectés d’un score de 1 (risque faible) ou de 0 (autre) pour l’année de référence (2000) et chaque année pendant les 4 ans suivants dans les zones d’intervention et pendant les 3 ans suivants dans la zone témoin. On a ensuite ajouté les scores pour l’ensemble des comportements afin de déterminer un score global de mode de vie.

Résultats

Au bout de 4 ans, les évolutions par rapport au score de référence moyen différaient significativement entre zones d’intervention et zone témoin pour le régime alimentaire (+2,1 points contre -1,2 point, respectivement ; p < 0,01), comme pour le pourcentage d’individus suivant un régime alimentaire sain (+14,9% contre -2,0%, respectivement ; p < 0,001). A la fin de la troisième année, le tabagisme quotidien avait baissé de 0,9% dans les zones bénéficiant de l’intervention et de 2,6% dans la zone témoin, mais cet écart n’était pas significatif. L’analyse selon le sexe a révélé une tendance significative à la baisse du tabagisme chez les hommes (p < 0,05), mais pas chez les femmes. La dépense énergétique correspondant à l’ensemble des activités physiques quotidiennes manifestait une tendance à la baisse dans toutes les zones, mais la diminution moyenne par rapport à la référence était significativement plus faible dans les zones bénéficiant de l’intervention (-68 MET (équivalents métaboliques)-minutes/semaine contre -114 MET-minutes/semaine, respectivement ; p < 0,05) que dans la zone témoin. Le temps de loisir consacré à des activités physiques présentait une tendance à l’augmentation dans toutes les zones. On a relevé une variation statistiquement significative du score de mode de vie entre les zones bénéficiant de l’intervention et la zone témoin, même après élimination de l’influence de l’âge, du sexe et des valeurs de référence.

Conclusion

Les résultats laissent à penser que les programmes d’intervention en communauté pour modifier le mode de vie peuvent être efficaces dans un pays en développement.

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