Bulletin de l'Organisation mondiale de la Santé

Difficultés dans l'organisation du premier programme de pulvérisations intradomiciliaires contre le paludisme en Angola, dans le cadre de l'Initiative du Président contre le paludisme

Martinho Somandjinga, Manuel Lluberas & William R Jobin

Problématique

Le succès des tentatives pour endiguer le paludisme passe par la compréhension des schémas complexes régissant la transmission de cette maladie. Malheureusement, en Afrique, la transmission du paludisme est souvent évaluée d'après des rapports administratifs de routine émis par des unités sanitaires locales, lesquels rapports font sporadiquement défaut. En outre, la pratique insuffisante par ces unités d'examens microscopiques confirmatoires d'étalements sanguins fait jouer à d'autres maladies le rôle de facteur de confusion.

Démarche

Les risques de l'utilisation des rapports administratifs de routine ont été illustrés en Angola, premier pays à tenter d'endiguer le paludisme dans le cadre de l'Initiative du Président contre le paludisme, un programme de développement du gouvernement des États-Unis d’Amérique.

Contexte local

Chaque unité sanitaire locale a soumis des rapports mensuels indiquant le nombre de cas présumés de paludisme à sa municipalité. L'identification de la maladie reposait sur le diagnostic clinique, sans examen au microscope d'étalements sanguins. Les rapports municipaux et provinciaux étaient ensuite transmis au siège national, avec des absences sporadiques de rapport à tous les niveaux.

Modifications pertinentes

A l'issue de l'effort mené contre le paludisme, les rapports municipaux lacunaires ont été corrigés en ne compilant les données que pour les unités sanitaires ayant soumis des rapports tous les mois pendant la période d'évaluation.

Enseignements tirés

Les données corrigées et complétées par des observations supplémentaires sur les précipitations et les habitats des moustiques ont indiqué qu'il n'existait probablement par de transmission du paludisme avant le début des interventions contre cette maladie. Ainsi, l'effort coûteux mené contre le paludisme avait été pur gaspillage. Il est également malheureux que l'OMS tente de planifier et d'évaluer ses efforts contre le paludisme sur la base de rapports administratifs inadéquats du même type.

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