Bulletin de l'Organisation mondiale de la Santé

Les maladies parasitiques de l’épiderme : une catégorie négligée de pathologies liées à la pauvreté

Hermann Feldmeier & Jorg Heukelbach

Les maladies parasitiques de l’épiderme constituent une catégorie hétérogène de maladies infectieuses, dans lesquelles les interactions parasite-hôte sont confinées dans la couche supérieure de la peau. Les six principales maladies de ce type sont la gale, la pédiculose (de la tête, du corps et du pubis), la tungiase et les larva migrans cutanées dues à des ankylostomes. Nous présentons un résumé des connaissances actuelles sur les maladies parasitiques de l’épiderme et montrons que les maladies sont très répandues, s’intègrent souvent dans un polyparasitisme et sont à l’origine d’une morbidité primaire et secondaire importantes. Nous montrons également que la pauvreté favorise la présence de réservoirs animaux, permet à la transmission de se poursuivre, facilite la propagation des agents infectieux par des méthodes atypiques et accroît la probabilité d’exposition. Il en résulte une prévalence et une intensité extraordinairement élevées de l’infestation des populations pauvres par les maladies parasitiques de l’épiderme. La stigmatisation, le manque d’accès aux soins de santé et le comportement négatif face à la nécessité de consulter expliquent pourquoi ces maladies progressent souvent sans être traitées et entraînent couramment une morbidité très lourde parmi les populations démunies. L’urbanisation non contrôlée qui sévit dans de nombreux pays en développement maintiendra probablement les maladies parasitiques de l’épiderme parmi les principales parasitoses touchant les personnes vivant dans l’extrême pauvreté. Nous préconisons d’intégrer la lutte contre ces maladies dans les interventions visant les autres maladies négligées, telles que la filariose et les helminthiases intestinales.

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