Bulletin de l'Organisation mondiale de la Santé

Pourquoi le personnel soignant de premier niveau n’applique-t-il pas les recommandations relatives à la prise en charge des enfants gravement malades dans la région côtière de la République-Unie de Tanzanie

Nicholas D Walter, Thomas Lyimo, Jacek Skarbinski, Emmy Metta, Elizeus Kahigwa, Brendan Flannery, Scott F Dowell, Salim Abdulla & S Patrick Kachur

Objectif

Déterminer pourquoi le personne soignant n’applique pas les recommandations relatives à la prise en charge intégrée des maladies de l’enfant (PCIME) chez les enfants gravement malades reçus dans les services de soins ambulatoires de premier niveau des zones rurales de la République-Unie de Tanzanie.

Méthodes

Des études rétrospectives et prospectives de cas de maladie grave touchant des enfants de moins de 5 ans ont été menées dans des établissements de soins appartenant à quatre districts. Nous avons vérifié le traitement et examiné les éléments liés à l’orientation des malades, mené des entretiens de suivi avec les parents des enfants gravement malades et soumis les agents de santé à des questionnaires et à des entretiens.

Résultats

Au total, nous avons examiné 502 cas, traités dans 62 établissements. Le traitement par des antipaludiques et des antibiotiques était cohérent avec le diagnostic porté par les agents de santé. Cependant, sur 240 enfants classés comme atteints d’une «maladie fébrile très grave», aucun n’avait reçu la totalité du traitement recommandé par la PCIME et 25% seulement avaient été orientés vers un établissement spécialisé. Les diagnostics de léthargie et d’anémie étaient associés indépendamment à l’orientation vers un établissement spécialisé. La plupart des soignants (91%) ont indiqué que certaines affections graves pouvaient être prises en charge sans envoyer l’enfant dans un établissement de niveau supérieur.

Conclusion

Les soignants ayant fait l’objet de l’enquête appliquaient rarement la PCIME et les recommandations d’orientation vers un établissement spécialisé pour les enfants gravement malades. Ils administraient des traitements reposant sur des diagnostics restreints plutôt que sur les classifications de la PCIME, étaient en désaccord avec les recommandations d’orientation vers un établissement spécialisé et considéraient souvent cette orientation comme inutile. Pour améliorer l’application de la PCIME, il faut s’intéresser de près aux motifs pour lesquels elle n’est pas appliquée par les soignants.

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