Bulletin de l'Organisation mondiale de la Santé

La sécurité en cas d’urgence - Interview de Tony Gibbs, Secrétaire général du Conseil des organisations d’ingénierie des Caraïbes

Tony Gibbs

Tony Gibbs, ressortissant de la Barbade et de la Grenade, est Secrétaire général du Conseil des organisations d’ingénierie des Caraïbes.

Il est aussi le directeur et partenaire d’une entreprise d’ingénierie qui conseille les organisations et les gouvernements dans les Caraïbes et dans l’ensemble des Amériques en matière d'hôpitaux parasismiques.

Cette année, la Journée mondiale de la santé, célébrée le 7 avril, portera sur les systèmes et les installations de santé construits et organisés pour résister aux situations d’urgence et aux catastrophes naturelles.
Tony Gibbs, ressortissant de la Barbade et de la Grenade, et expert en matière de constructions parasismiques évoque la construction d’installations sanitaires capables de résister aux tsunamis, aux séismes et à d’autres catastrophes.

Q: Quels sont les principaux obstacles à la construction d’hôpitaux sécurisés?

R: Nous avons les moyens technologiques de concevoir et de construire des hôpitaux sécurisés. Les obstacles sont le manque de volonté et le fait que les gens ignorent qu’on peut construire des hôpitaux sécurisés à un prix raisonnable. L’industrie du bâtiment voit comme un frein à la compétitivité et non comme un atout l’effort qu’exige la construction d’hôpitaux sécurisés.

Q: Y a-t-il une différence importante entre les bâtiments résistants aux ouragans et aux séismes?

R: Le principe qui préside habituellement à la conception de bâtiments résistants aux ouragans est d’éviter les dégâts causés par le vent. Un bâtiment peut être endommagé par l’impact de débris volants, mais le vent lui-même ne doit pas endommager un hôpital bien conçu, bien construit et bien entretenu.
Dans le cas d’un tremblement de terre, la construction est généralement conçue pour protéger la vie des occupants, mais pas nécessairement pour protéger le bâtiment. Résultat: les séismes graves endommagent souvent la capacité fonctionnelle de l’établissement. Il faut faire plus! Il faut adopter différents procédés d’un coût abordable pour faire en sorte que l’hôpital soit pleinement opérationnel après un tremblement de terre

Q: Quelle serait la toute première recommandation que vous feriez pour construire un hôpital dans une zone à risque?

R: Soumettre la conception de toutes les nouvelles installations à un examen indépendant et obtenir l’assurance de la qualité de leur construction. C’est important quand on cherche à parer à plusieurs sortes de risques. On ne conçoit pas les structures séparément pour les séismes et les ouragans, on les conçoit toujours pour les deux. ■

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