Bulletin de l'Organisation mondiale de la Santé

Comparaison de deux méthodes pour mesurer l’utilisation des médicaments antihypertenseurs : conformité de l’utilisation avec les directives thérapeutiques standard sud-africaines

Thamizhanban Pillay, Anthony J Smith & Suzanne R Hill

Objectif

Evaluer l’observation par les prescripteurs des directives thérapeutiques standard dans l’utilisation des antihypertenseurs en Afrique du Sud, déterminer si les données de délivrance sont des indicateurs utiles de l’usage de ces médicaments et estimer les conséquences en termes de coût du non-respect des directives standard.

Méthodes

Nous avons entrepris deux études : une analyse des enregistrements de médicaments antihypertenseurs délivrés aux 54 hôpitaux publics de KwaZulu-Natal disposant d’une consultation d’hypertension et une enquête par observation directe des prescriptions d’antihypertenseurs présentées en pharmacie, effectuée sur un sous-groupe d’hôpitaux comprenant 16 des 54 hôpitaux susmentionnés. Nous avons calculé l’utilisation de chaque groupe d’antihypertenseurs en proportion de l’ensemble des antihypertenseurs délivrés ou prescrits. Nous avons classé les groupes de médicaments en vue d’établir des comparaisons avec les directives thérapeutiques standard sud-africaines et nous avons confronté les proportions obtenues à partir des données de délivrance et celles déterminées à partir de l’enquête sur les prescriptions.

Résultats

Les données de délivrance ont montré que, conformément aux directives thérapeutiques, les diurétiques et les inhibiteurs de l’enzyme de conversion de l’angiotensine étaient les médicaments les plus fréquemment prescrits (42 et 27 % respectivement). Néanmoins, la méthyldopa - non préconisée par les directives thérapeutiques - représentait 10 % de l’ensemble des antihypertenseurs délivrés, avec de grandes variations entre les hôpitaux (0 à 37 %). La réserpine, médicament de deuxième choix selon les directives thérapeutiques, était employée en grandes quantités par deux hôpitaux seulement. Les agents bloquants des canaux calciques et les bêta-bloquants représentaient une faible proportion des antihypertenseurs délivrés : 6 % pour chacune de ces catégories. Les résultats de l’enquête sur les prescriptions étaient en accord avec les données de délivrance à propos des médicaments les plus prescrits, mais donnaient des estimations légèrement différentes pour l’utilisation des autres groupes.

Conclusion

Les données de délivrance, source la plus facilement disponible d’informations sur l’utilisation des médicaments dans les pays en développement, constituent (avec quelques réserves) une source de données fiable pour l’évaluation de l’observation des directives thérapeutiques. Nos résultats mettent en évidence un non-respect substantiel de ces directives.

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