Bulletin de l'Organisation mondiale de la Santé

Délivrance des soins après un viol : expérience du Kenya dans le développement de services intégrés

N Kilonzo, SJ Theobald, E Nyamato, C Ajema, H Muchela, J Kibaru, E Rogena & M Taegtmeyer

Problématique

La plupart des modèles pour la prestation d’une gamme complète de soins de santé après un viol ont été développés pour des pays riches et ne se transposent pas facilement aux pays à ressources limitées comme le Kenya, malgré les besoins identifiés et les taux élevés de violence sexuelle et d’incidence du VIH dans ce pays.

Démarche

Depuis 2002, nous avons entrepris, par le biais des structures publiques existantes, d’établir et de maintenir des services sectoriels de santé pour les personnes ayant survécu à des violences sexuelles.

Contexte local

En 2003, on relevait un manque de politiques, de coordination et de mécanismes de prestation de soins pour prendre en charge les victimes de viol au Kenya. La prophylaxie post-exposition au VIH n’était pas proposée.

Modifications pertinentes

Une norme de soins et un algorithme simple pour représenter les dispositifs de soins après un viol ont été conçus. Un protocole de conseil a également été mis au point. Une formation ciblée reposant sur l’acquisition de connaissances, de compétences et de valeurs a été fournie aux cliniciens, au personnel de laboratoire et aux conseillers en gestion des traumatismes. La norme de soins couvrait l’évaluation clinique et les mécanismes de documentation, de prise en charge clinique, de conseil et d’orientation vers un spécialiste. Entre début 2004 et fin 2007, 784 survivants de violences sexuelles au total ont été soignés dans les trois centres, pour un coût moyen de US $ 27, ce nombre augmentant chaque année. Près de la moitié d’entre eux (43%) étaient des enfants de moins de 15 ans.

Enseignements tirés

Le présent article décrit comment les équipes multisectorielles de district au Kenya sont convenues de fournir une prophylaxie post-exposition, un examen physique et des services de prévention des infections sexuellement transmissibles et des grossesses. Ces présentations ont été délivrées dans les services d’urgence, ainsi que dans les centres de conseil et de dépistage volontaire du VIH. L’article indique les considérations prises en compte par ces équipes, les personnes ayant accès à ces services, la façon dont les enseignements tirés ont été transposés en politiques nationales et le développement à plus grande échelle des services de soins après un viol grâce à l’implication clé de la Division de la santé génésique.

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