Bulletin de l'Organisation mondiale de la Santé

Stratégies mondiales pour réduire le prix des médicaments antirétroviraux : éléments provenant des bases de données de transaction

Brenda Waning, Warren Kaplan, Alexis C King, Danielle A Lawrence, Hubert G Leufkens & Matthew P Fox

Objectif

Estimer l’impact de stratégies mondiales, telles que l’organisation d’achats groupés, la négociation des prix avec l’aide d’un tiers et la tarification différentielle, en termes de baisse des prix des antirétroviraux (ARV), lesquels prix sont actuellement un obstacle à l’accès universel au traitement contre le VIH/sida.

Méthodes

Nous avons estimé l’impact des stratégies mondiales pour réduire les prix des ARV à partir des données de 7253 transactions d’achat (juillet 2002-octobre 2007), tirées de bases de données hébergées par l’OMS et le Fonds Mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme.

Résultats

Pour 19 des 24 formes posologiques d’antirétroviraux, nous n’avons mis en évidence aucune association entre le prix et le volume acheté. Pour les cinq autres formes posologiques, les achats de gros volumes étaient facturés 4 à 21 % moins chers que les achats de volumes faibles à moyens. Neuf des 13 ARV génériques ont été facturés 6 à 36 % de moins lorsqu’ils étaient acquis sous l’égide de l’Initiative contre le VIH/sida de la Fondation Clinton (CHAI). Quinze des 18 ARV de marque ont été facturés 23 à 498 % plus chers dans le cadre d’achats à prix différentiel que les génériques achetés sans la médiation de la CHAI. Néanmoins, deux ARV de marque, bénéficiant de la tarification différentielle, ont été facturés 63 et 73 % moins chers respectivement que des équivalents génériques acquis sans la médiation de la CHAI.

Conclusion

L’achat de gros volumes d’ARV ne s’accompagnait pas nécessairement d’une diminution du prix de ces médicaments. Même si les achats groupés actuellement prévus devraient accroître encore les volumes d’achat, les économies qui en découleront sont incertaines et doivent être mises en balance avec les coûts programmatiques. Les négociations avec la médiation de la tierce partie CHAI ont permis d’obtenir une baisse des prix pour les ARV génériques. Ces génériques étaient moins coûteux que les ARV de marque bénéficiant d’une facturation différentielle, sauf dans les cas où il existait peu de concurrence entre les génériques. Il convient d’explorer d’autres stratégies pour réduire les prix des ARV, telles que la rationalisation des systèmes de gestion financière, l’amélioration de la prévision de la demande et l’élimination des obstacles à l’utilisation des génériques.

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