Bulletin de l'Organisation mondiale de la Santé

Lutte intégrée contre les vecteurs du paludisme au moyen de larvicides microbiens et de moustiquaires imprégnées d’insecticide au Kenya occidental : essai contrôlé

Ulrike Fillinger, Bryson Ndenga, Andrew Githeko & Steven W Lindsay

Objectif

Évaluer les contributions des larvicides microbiens et des moustiquaires imprégnées d’insecticide (MII) à la réduction de l’incidence du paludisme dans le cadre d’un programme de lutte antivectorielle intégrée, appliqué à une zone d’endémie modérée de cette maladie, dans les hauts plateaux du Kenya occidental.

Méthodes

On a fait appel à une étude de type avant-après avec groupe témoin. On a surveillé chaque semaine les populations de larves et de vecteurs adultes menaçant les communautés vivant dans six vallées séparées. On a mesuré chaque année l’incidence des infections à Plasmodium chez les enfants de 6 mois à 13 ans au cours des deux saisons des pluies (longue et courte). On a collecté des donnée de référence pendant 17 mois, après quoi on appliqué chaque semaine des larvicides à base de Bacillus sur les habitats aquatiques de trois des vallées pendant 19 autres mois. En même temps à peu près que débutait la destruction des larves, le Programme kenyan de lutte contre le paludisme a commencé à introduire progressivement des MII dans toutes les communautés étudiées. Les effets de la destruction larvaire, des MII et d’autres déterminants du risque de paludisme ont été évalués à l’aide d’équations d’estimation généralisée.

Résultats

Après ajustement pour les facteurs de confusion, le risque de contracter une nouvelle infestation parasitaire chez l’enfant était substantiellement et indépendamment réduit par l’utilisation de MII (Odds ratio, OR : 0,69, intervalle de confiance à 95 %, IC : 0,48-0,99) et par l’application de larvicide (OR : 0,44 ; IC à 95 % : 0,23-0,82).

Conclusion

La lutte antivectorielle par application de larvicides microbiens a permis de renforcer les résultats obtenus contre le paludisme avec les MII seules. Les mesures de lutte antilarvaire représentent un complément prometteur à la distribution de MII dans les zones importantes sur le plan économique des hauts plateaux et dans d’autres contextes similaires en Afrique où se transmet actuellement le paludisme.

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