Bulletin de l'Organisation mondiale de la Santé

Traumatismes liés à l’utilisation de paraffine parmi les communautés à faible revenu d’Afrique du Sud : connaissances, pratiques et perception du risque

David C Schwebel, Dehran Swart, Siu-kuen Azor Hui, Jennifer Simpson & Phumla Hobe

Objectif

Étudier ce que les individus exposés à un risque de traumatisme en raison de l’utilisation de paraffine (également appelée kérosène) savent sur la sécurité de ce produit, ce qu’ils font pour se protéger eux-mêmes et leur famille de ce type de traumatisme et comment ils perçoivent le risque associé. L’étude vise aussi à étudier les interactions entre ces facteurs et l’âge, le sexe, l’éducation et le revenu.

Méthodes

Un échantillon de 238 individus a été recruté en 2007 de manière aléatoire dans des quartiers pauvres proches de la ville du Cap en Afrique du Sud. Des assistants de recherche formés ont interrogé les sujets de l’étude pour déterminer ce qu’ils savaient sur la sécurité de la paraffine et comment ils percevaient le risque de traumatisme associé à l’utilisation de ce produit. Les chercheurs ont réalisé des inspections au domicile des sujets pour évaluer les précautions prises à l’égard de la paraffine. Des analyses descriptives et des analyses de corrélation ont été menées.

Résultats

Les sujets de l’étude avaient relativement peu de connaissances sur la sécurité de la paraffine. Ils appliquaient fréquemment des pratiques dangereuses et leur perception du risque de traumatisme était limitée. La connaissance des notions de sécurité concernant la paraffine et celle des pratiques sans risque d’utilisation de ce produit étaient corrélées positivement entre elles. Il existait une corrélation négative entre la possession de connaissances étendues et la perception d’être exposé à un risque de traumatisme, mais l’application de pratiques sans risque n’était pas corrélée à la perception d’un risque de traumatisme. On relevait une corrélation positive entre l’éducation formelle des sujets, le nombre d’enfants au domicile et la fréquence d’utilisation de la paraffine d’une part, et le niveau de connaissance d’autre part, mais non entre ces paramètres et la mise en œuvre de pratiques sans risque. Le seul paramètre corrélé significativement à l’application pratiques sans risque était le niveau de richesse, ce qui reflète peut être l’impact des moyens financiers sur les pratiques d’utilisation de la paraffine.

Conclusion

Pour mettre au point une intervention réussie en faveur de l’utilisation sans risque de la paraffine, il faut connaître les niveaux de départ en termes de connaissances, de pratique et de perception du risque de traumatisme parmi les populations à risque. Nos résultats pourraient être utiles à la conception d’interventions visant à renforcer les connaissances, améliorer la sécurité des pratiques et affiner la perception du risque de traumatisme dans l’utilisation de paraffine.

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