Bulletin de l'Organisation mondiale de la Santé

Utilisation des nouvelles normes OMS de croissance de l’enfant pour évaluer les liens entre malnutrition chez le nourrisson et allaitement au sein et mortalité

Linda Vesel, Rajiv Bahl, Jose Martines, Mary Penny, Nita Bhandari, Betty R Kirkwood & the WHO Immunization-linked Vitamin A Supplementation Study Group

Objectif

Comparer l’estimation de la prévalence de la malnutrition obtenue à partir des normes OMS de croissance de l’enfant avec celle déterminée à partir des valeurs de référence du National Center for Health Statistics (NCHS) en vue d’étudier la relation entre l’allaitement maternel exclusif et la malnutrition et de déterminer la sensibilité et la spécificité des indicateurs d’état nutritionnel dans la prédiction de la mortalité pendant la petite enfance.

Méthodes

Une analyse secondaire des données relatives à 9424 couples mère-enfant a été réalisée au Ghana, en Inde et au Pérou. Des nourrissons et leurs mères ont été recrutés pour participer à un essai de supplémentation en vitamine A, dans le cadre duquel on a évalué régulièrement leur poids, leur taille et leur mode d’alimentation. Les indicateurs de malnutrition ont été déterminés à l’aide des normes de croissance OMS et NCHS.

Résultats

La prévalence du retard de croissance, de l’émaciation et du déficit pondéral chez les nourrissons de moins de 6 mois obtenue avec les normes OMS était supérieure à celle fournie par les normes NCHS. Toutefois, les normes OMS donnaient une valeur nettement plus faible de la prévalence du déficit pondéral chez les enfants de 6 à 12 mois. On n’a pas relevé d’association entre la durée de l’allaitement maternel exclusif et la malnutrition pendant les 6 premiers mois de vie. Chez les nourrissons de moins de 6 mois, la présence d’un déficit pondéral sévère selon les normes OMS lors de la première visite de vaccination était l’indicateur le plus sensible (70,2 %) et le plus spécifique (85,8 %) pour prédire la mortalité en Inde. Aucun indicateur n’a présenté une grande valeur prédictive au Ghana et au Pérou. C’est le déficit pondéral à 6 mois chez les nourrissons de 6 à 12 mois, qui offrait les plus grandes sensibilité et spécificité dans la prédiction de la mortalité au Ghana (37,0 % et 82,2 %, respectivement) et au Pérou (33,3 % et 97,9 %, respectivement), tandis que l’émaciation constituait le meilleur facteur de prédiction en Inde (sensibilité : 54,6 %, spécificité : 85,5 %).

Conclusion

Les indicateurs de malnutrition déterminés en utilisant les normes OMS présentent une meilleure valeur prédictive pour la mortalité que ceux obtenus avec les normes NCHS. Aucune association n’a été relevée entre la durée de l’allaitement au sein et la malnutrition à 6 mois. L’application des normes OMS de croissance de l’enfant fait ressortir l’importance de la malnutrition pendant les 6 premiers mois de vie.

Partager