Bulletin de l'Organisation mondiale de la Santé

Analyse de l’impact économique de l’échinococcose kystique en Espagne

Christine Benner, Hélène Carabin, Luisa P Sánchez-Serrano, Christine M Budke & David Carmena

Objectif

Estimer les pertes économiques total dues à l’échinococcose kystique (EK) humaine et animale en Espagne en 2005.

Méthodes

Nous avons obtenu des données sur l’incidence annuelle de l’EK à partir de la surveillance et des dossiers d’abattoir, et sur le traitement et les pertes de productivité (humaines et animales) liés à cette maladie à partir de la littérature scientifique. Les coûts directs étaient ceux afférant au diagnostic, au traitement chirurgical ou non chirurgical, aux soins médicaux et à l’hospitalisation pour les humains et ceux afférant à la condamnation des abats pour le bétail (ovins, caprins, bovins et porcins). Les coûts indirects couvraient les pertes de productivité humaine et la diminution de la croissance, de la fécondité et de la production laitière chez le bétail. La méthode de l’hypercube latin a été appliquée pour représenter l’incertitude entourant les paramètres d’entrée.

Résultats

La perte économique total attribuable à l’EK humaine et animale en 2005 a été estimée à 148 964 534 euros (€) (intervalle de crédibilité à 95 %, IC : 21 980 446 - 394 012 706). Les pertes se rapportant aux humains ont été estimées à € 133 416 601 (IC à 95 % : 6 658 738 - 379 273 434) et celles associées aux animaux à € 15 532 242 (IC à 95 % : 13 447 378 - 17 789 491).

Conclusion

L’EK est une zoonose négligée, qui demeure préoccupante pour la santé humaine et animale en Espagne. Il faudrait disposer de données plus précises sur la prévalence de cette maladie chez l’homme (notamment sur les cas non diagnostiqués et les cas asymptomatiques) et de meilleures méthodes pour estimer les pertes de productivité concernant les animaux. L’EK continue de toucher certaines zones de l’Espagne, malgré plusieurs initiatives de lutte contre cette maladie depuis 1986. Compte tenu du lourd fardeau économique que représente l’EK, il faudrait aussi investir davantage dans la réduction des taux d’infection humains et animaux à travers une meilleure surveillance de la maladie, un traitement régulier des chiens et un renforcement de la coopération entre les agences ministérielles.

Partager