Bulletin de l'Organisation mondiale de la Santé

Mesure et correction des erreurs de statistiques en termes de mortalité infantile dans les pays présentant une épidémie généralisée d'infection au VIH

Timothy B Hallett, Simon Gregson, Felicia Kurwa, Geoffrey P Garnett, Sabada Dube, Godwin Chawira, Peter R Mason & Constance A Nyamukapa

Objectif

En vertu de l’Objectif 4 du Millénaire pour le développement, les pays doivent réduire la mortalité infantile de deux tiers entre 1990 et 2015. Dans les pays enregistrant une épidémie généralisée du virus de l'immunodéficience humaine (VIH), les statistiques standard basées sur l’historique de la fertilité peuvent présenter de manière inexacte le progrès en ce sens, de par la corrélation entre les décès des mères et les décès des nouveau-nés liés au syndrome d'immunodéficience acquise.

Méthodes

Pour évaluer d’un point de vue empirique cette erreur, les données de mortalité infantile et l’historique de la fertilité, y compris les naissances chez des mères décédées, ont été recueillis en réalisant des enquêtes de ménage prospectives dans l’Est Zimbabwe entre 1998 et 2005. Un modèle mathématique a ensuite utilisé pour examiner les déterminants et la dynamique temporale de l’influence, d'abord au Zimbabwe, puis dans d’autres pays présentant des taux de mortalité et des profils épidémiques liés au VIH différents.

Résultats

D'après les données empiriques, les statistiques des enquêtes croisées standard ont sous-estimé la vraie mortalité chez les nourrissons et les enfants de moins de 5 ans, de 6,7% et de 9,8% respectivement. Ces évaluations étaient en accord avec les résultats du modèle dans lequel l’influence variait en fonction de l’ampleur et du stade de l'épidémie de VIH et des taux de mortalité. L’influence était plus importante sur une période plus longue avant l’enquête et à des stades ultérieurs de l'épidémie. Cette influence peut considérablement déformer l’effet mesuré des interventions en vue de réduire la mortalité non liée au VIH et des programmes de prévention de la transmission mère-enfant, en particulier lorsque les tendances reposent sur les données d’une seule enquête.

Conclusion

La corrélation entre les décès de mères et de leurs enfants liés au VIH peut influencer les évaluations des enquêtes sur la mortalité des nouveau-nés. Un modèle mathématique doté d’une interface conviviale est disponible pour corriger cette influence lors de la mesure des progrès vers l’Objectif 4 du Millénaire pour le développement dans les pays présentant une épidémie généralisée d'infection au VIH.

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