Bulletin de l'Organisation mondiale de la Santé

Disparités mondiales dans l'insuffisance de traitement de l'épilepsie : revue systématique

Ana-Claire Meyer, Tarun Dua, Juliana Ma, Shekhar Saxena & Gretchen Birbeck

Objectif

Décrire l’ampleur et les variations de l’insuffisance du traitement de l’épilepsie dans le monde.

Méthodes

A l’aide de PubMed et d’EMBASE, nous avons réalisé une revue systématique de la littérature examinée par des pairs et publiée entre le 1er janvier 1987 et le 1er septembre 2007 dans toutes les langues. L’objectif était d’identifier des études en population de la prévalence de l’épilepsie indiquant l’insuffisance du traitement de cette maladie, définie comme la proportion des personnes épileptiques ayant besoin d’être traitées, mais ne recevant pas de traitement. Des modèles par régression binomiale négative ont été utilisés pour évaluer les tendances et les associations.

Résultats

L’insuffisance du traitement de l’épilepsie dépassait 75 % dans les pays à faible revenu et 50 % dans la plupart des pays à revenu moyen inférieur et moyen supérieur, alors que dans de nombreux pays à revenu élevé, cette insuffisance était inférieure à 10 %. Néanmoins, l’insuffisance du traitement variait fortement d’un pays à l’autre et au sein d’un même pays. Elle était significativement plus importante dans les zones rurales (risque relatif, RR : 2,01 ; intervalle de confiance à 95 %, IC : 1,40-2,89) et dans les pays appartenant à la classe de revenu inférieure de la Banque mondiale (RR : 1,55 ; IC à 95 % : 1,32-1,82). On n’a relevé aucune tendance significative de l’insuffisance du traitement de l’épilepsie au cours du temps (RR : 0,92 ; IC à 95 % : 0,79-1,07).

Conclusion

Il existe à travers le monde des disparités considérables dans les soins dispensés aux épileptiques, et notamment entre les pays à revenu faible et élevé et entre les environnements ruraux et urbains. Notre compréhension des facteurs influant sur l’insuffisance du traitement est limitée : dans le cadre d’investigations futures, il conviendrait d’étudier d’autres explications possibles de cette insuffisance.

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