Bulletin de l'Organisation mondiale de la Santé

Mise en place élargie d’un programme décentralisé de traitement du VIH dans le KwaZulu-Natal rural, Afrique du Sud : une expansion rapide affecte-elle les résultats des patients?

Portia C Mutevedzi, Richard J Lessells, Tom Heller, Till Bärnighausen, Graham S Cooke & Marie-Louise Newell

Objectif

Décrire le passage à l’échelle supérieure d’un programme décentralisé de traitement du VIH délivré au travers du système de soins de santé primaires au KwaZulu-Natal rural, Afrique du Sud, et évaluer les tendances des caractéristiques de ligne de base et les résultats sur la population étudiée.

Méthodes

Le programme a commencé la distribution d’une thérapie antirétrovirale (TAR) en octobre 2004. Les informations concernant l’ensemble des patients entamant un traitement TAR ont été recueillies dans une base de données informatisée et le suivi de leur état a été actualisé chaque mois. Tous les patients adultes (≥ 16 ans) ayant commencé la TAR entre octobre 2004 et septembre 2008 ont été inclus et stratifiés en groupes de 6 mois. Les caractéristiques cliniques et sociodémographiques ont été comparées entre les groupes. Les taux de rétention sous traitement et de mortalité, ainsi que les nombres de perdus pour le suivi et les résultats virologiques ont été évalués 12 mois après le début de la TAR.

Résultats

Au total 5 719 patients ayant initié un traitement TAR ont été inclus (67,9 % de femmes). Le nombre moyen de lymphocytes CD4+ à la ligne de base était de 116 cellules/µL (intervalle interquartile, IQR: 53-173). Une augmentation de la proportion de femmes ayant entamé un traitement TAR alors qu’elles étaient enceintes a été notée, mais aucun changement n’a été observé dans le temps pour les autres caractéristiques à la ligne de base. Le taux global de rétention sous traitement à 12 mois était de 84,0 % (intervalle de confiance à 95 %, IC: 82,6-85,3); 10,9 % sont décédés (IC à 95 %: 9,8-12,0); 3.7 % ont été perdus pour le suivi (IC à 95 %: 3,0-4,4). La mortalité a été plus élevée durant les 3 premiers mois qui ont suivi le début de TAR : 30,1 décès pour 100 personnes-ans (IC à 95 %: 26,3-34,5). À 12 mois, 23,0 % présentaient une charge virale détectable (> 25 copies/ml) (IC à 95 %: 19,5-25,5).

Conclusion

Les résultats n’ont pas été affectés par la rapide expansion de ce programme de traitement du VIH décentralisé. Les taux relativement élevés de charge virale détectable mettent en évidence la nécessité de futurs efforts à mettre en place pour améliorer la qualité des services.

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