Bulletin de l'Organisation mondiale de la Santé

Défis du développement de recommandations nationales sur le VIH: l’expérience des pays de l’Est de la Méditerranée

Anja De Weggheleire, Veronique Bortolotti, Maria Zolfo, Siobhan Crowley, Robert Colebunders, Gabriele Riedner & Lutgarde Lynen

Objectif

Évaluer le processus de développement et le contenu clinique des recommandations pour la pratique clinique sur le virus de l’immunodéficience humaine (VIH) des pays de l’Est de la Méditerranée, et formuler des directives pour le développement et l’adaptation des futures recommandations.

Méthodes

Vingt-deux pays de l’Est de la Méditerranée de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) et de régions d’Afrique du Nord et du Moyen-Orient de l’United Nations Children’s Fund (UNICEF) ont été invités à soumettre leurs recommandations pour la pratique clinique nationales sur le VIH en vue de les évaluer. La méthodologie de développement des recommandations a été évaluée en utilisant une adaptation du contenu des recommandations et de la grille AGREE (Appraisal of Guidelines Research and Evaluation) à l’aide d’une liste de contrôle permettant d’évaluer la concordance avec les directives génériques OMS 2006.

Résultats

Douze pays ont soumis 20 recommandations développées entre 2004 et 2009. Les notes moyennes étaient mauvaises (< 0,6) pour les domaines de qualité méthodologique de la rigueur du développement, de l’implication et de l’applicabilité des parties prenantes et de la flexibilité. Les notes étaient meilleures pour les domaines des compétences et des objectifs (moyenne: 0,82, intervalle interquartile, IQR: 0,58–0,89), de la clarté et de la présentation (moyenne: 0,67, IQR: 0,50–0,78). En ce qui concerne le contenu des recommandations, le traitement de première intention conseillé et les critères d’éligibilité en matière de thérapie antirétrovirale (TAR) chez les adultes étaient alignés sur les directives de l’OMS dans la plupart des recommandations. Cependant, des recommandations sur la prophylaxie antirétrovirale pour la prévention de la transmission verticale du VIH, le diagnostic et le traitement de l’infection par le VIH chez les enfants en bas âge, la surveillance des patients suivant une TAR, l’échec thérapeutique et les comorbidités étaient souvent manquantes.

Conclusion

La grande majorité des recommandations pour la pratique clinique sur le VIH présentait des défauts de méthodologie et des inexactitudes de contenu. Les pays nécessitent une assistance dans le processus d’adaptation afin de garantir que les recommandations sont valables et à jour et qu'elles reflètent précisément les directives globales des soins cliniques de l’OMS pour les patients porteurs du VIH.

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