Bulletin de l'Organisation mondiale de la Santé

Capacité en termes d'urgence, d'anesthésie et de chirurgie essentielle en Gambie

Adam Iddriss, Nestor Shivute, Stephen Bickler, Ramou Cole-Ceesay, Bakary Jargo, Fizan Abdullah & Meena Cherian

Objectif

Évaluer les ressources en soins chirurgicaux essentiels et d'urgence en Gambie.

Méthodes

L'outil d'analyse de situation pour évaluer les soins chirurgicaux d'urgence et essentiels de l'Organisation mondiale de la Santé a été distribué aux gestionnaires de soins de santé dans les établissements de tout le pays. L'enquête a été remplie par 65 établissements de santé - un hôpital de référence tertiaire, 7 hôpitaux de district/généraux, 46 centres de santé et 11 établissements de santé privés - et comptait 110 questions, réparties en quatre sections: (i) infrastructures, type d'établissement, population traitée et ressources matérielles; (ii) ressources humaines; (iii) gestion des urgences et autres interventions chirurgicales; (iv) équipements d'urgence et de réanimation. Les données du questionnaire ont été complétées par des entretiens avec le personnel des établissements de santé, des fonctionnaires du ministère de la Santé et des représentants d'organisations non gouvernementales.

Résultats

Des lacunes importantes ont été identifiées en termes d'infrastructures, de ressources humaines, de disponibilité d'équipements essentiels et de capacité à effectuer des interventions de traumatologie, d'obstétrique et de chirurgie générale. Sur les 18 établissements supposés effectuer des interventions chirurgicales, 50.0% rencontraient des interruptions d'approvisionnement en eau et 55,6% en électricité. Seuls 38,9% des établissements disposaient d'un chirurgien et 16,7% d'un médecin anesthésiste. Tous les établissements avaient une capacité limitée pour effectuer des interventions traumatologiques de base et de chirurgie générale. Ce sont 54,5% des établissements publics qui ne pouvaient pas effectuer de laparotomie et 58,3% ne pouvaient pas guérir une hernie. Seuls 25.0% d'entre eux pouvaient traiter une fracture ouverte et 41,7% pouvaient effectuer une intervention d'urgence pour dégager des voies respiratoires obstruées.

Conclusion

La présente étude sur les établissements de soins de santé en Gambie suggère d’importantes lacunes en termes de ressources humaines et physiques nécessaires pour effectuer des interventions chirurgicales de base, permettant de sauver des vies.

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