Bulletin de l'Organisation mondiale de la Santé

Déclenchement du travail sans indication médicale contre travail spontané en Amérique latine

Gláucia Virgínia Guerra, José Guilherme Cecatti, João Paulo Souza, Aníbal Faúndes, Sirlei Siani Morais, Ahmet Metin Gülmezoglu, Renato Passini, Mary Angela Parpinelli, Guillermo Carroli, for the WHO Global Survey on Maternal & Perinatal Health in Latin America Study Group

Objectif

Évaluer la fréquence du déclenchement du travail sans indication médicale et ses déterminants dans une sélection de pays d’Amérique latine, quantifier la réussite d’un accouchement par voie vaginale et comparer les taux de césariennes et d’issues périnatales et maternelles négatives après le déclenchement du travail sans indication médicale par rapport au travail spontané, dans des grossesses à faible risque.

Méthodes

Sur 37  444 accouchements de femmes présentant des grossesses à faible risque, 1 847 (4,9%) ont été déclenchés sans indication médicale. On a comparé les facteurs associés aux issues périnatales et maternelles négatives dans des cas de début de travail spontané et déclenché. On a calculé les rapports des cotes des facteurs potentiellement associés aux issues négatives, ainsi que les risques relatifs d’issue périnatale ou maternelle négative (tous deux avec un intervalle de confiance de 95%). Suite à ces analyses, un ajustement a été effectué à l’aide de plusieurs modèles de régression logistique.

Résultats

Sur 11  077 cas de travail déclenché, 1 847 (16,7%) l'ont été sans indication médicale. Un déclenchement du travail sans indication médicale a été effectué chez 4,9% des femmes présentant des grossesses à faible risque (37 444). L’ocytocine était la méthode la plus communément utilisée (83% des cas), soit administrée seule, soit combinée avec une autre méthode. Pour les accouchements sans indication médicale, 88,2% ont eu lieu par voie vaginale. Les événements maternels négatifs les plus communs étaient: (i) un besoin supérieur de médicaments utérotoniques postpartum, (ii) un risque presque multiplié par 3 d’admission en unité de soins intensifs; (iii) un risque multiplié par 5 d’hystérectomie postpartum et (iv) une augmentation du besoin d'anesthésie/analgésie. Les issues périnatales étaient satisfaisantes, à l’exception d’une augmentation de 22% du risque d’allaitement retardé (c’est-à-dire une initiation entre 1 heure et 7 jours après l’accouchement).

Conclusion

Il est indispensable de faire preuve de prudence lors de la préconisation d’un accouchement sans indication médicale, car l’augmentation du risque d’issues périnatales et maternelles négatives n’est pas compensée par des avantages clairs.

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