Bulletin de l'Organisation mondiale de la Santé

Suppression du schéma de retraitement de catégorie II des directives thérapeutiques nationales du programme de lutte contre la tuberculose : l’expérience géorgienne

Jennifer Furin, Medea Gegia, Carole Mitnick, Michael Rich, Sonya Shin, Mercedes Becerra, Peter Drobac, Paul Farmer, Rocio Hurtado, J Keith Joseph, Salmaan Keshavjee & Iagor Kalandadze

Problème

Le schéma de retraitement de catégorie II dans le cadre de la prise en charge de la tuberculose chez des patients ayant déjà suivi un traitement a été initié au début des années 1990. Il consiste en 8 mois de traitement complet, avec l’ajout de streptomycine aux médicaments de première intention standard. Une étude portant sur 6 500 patients sous traitement de catégorie II en Géorgie a révélé de mauvais résultats, ainsi que des taux élevés de résistance à la streptomycine.

Approche

Le programme national de lutte contre la tuberculose a recouru à une analyse factuelle des données nationales pour convaincre les responsables politiques qu’il convenait de supprimer le traitement de catégorie II des directives thérapeutiques nationales géorgiennes.

Configuration locale

Le taux de notification des cas de tuberculose à l'Organisation mondiale de la Santé en Géorgie est de 102 pour 100 000 habitants. Tous les patients se soumettent à des prélèvements d’expectoration et à des tests de sensibilité aux antituberculeux, conformément aux diagnostics standard de la tuberculose. En 2009, un contrôle de routine constatait une tuberculose multi-résistante dans 10,6% des nouveaux cas diagnostiqués et dans 32,5% des cas traités antérieurement.

Changements significatifs

Le schéma de retraitement de catégorie II n’est plus utilisé en Géorgie. Le traitement est désormais orienté en fonction des tests de sensibilité aux antituberculeux avec, si possible, l’utilisation de tests moléculaires rapides, chez tous les patients précédemment traités contre la tuberculose.

Leçons tirées

Le changement de politique a rencontré peu de résistance, car l’étude a été engagée et menée par le programme national de lutte contre la tuberculose. Cette expérience peut servir de modèle réussi pour permettre à d'autres pays de prendre des décisions éclairées sur le recours au traitement de catégorie II.

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