Bulletin de l'Organisation mondiale de la Santé

Implications de l'adoption de nouvelles directives de l'OMS pour le lancement du traitement antirétroviral en Éthiopie

Elke Konings, Yirga Ambaw, Katherine Dilley, Peter Gichangi, Tesfaye Arega & Bud Crandall

Objectif

Évaluer les implications de la mise en œuvre des directives 2010 de l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) relatives au lancement du traitement antirétroviral (TAR) chez les adultes et adolescents infectés par le virus d'immunodéficience humaine (VIH), qui recommandent de débuter le TAR à un seuil de lymphocytes T CD4+ (CD4+) ≤ à 350 cellules/mm3 au lieu de ≤ 200 cellules/mm3, qui était l'ancien seuil.

Méthodes

Entre avril et mai 2010, les résultats de tests de CD4+ ont été recueillis chez tous les patients infectés par le VIH, enregistrés dans les registres pré-ART et ART de 19 centres de santé comptant un grand nombre de patients, à Addis-Abeba, en Éthiopie, et dans les régions d'Amhara, d'Oromia, la SNNPR (Région des nations, nationalités et peuples du Sud) et le Tigray. Dans 12 centres, les dossiers des patients ont été examinés de manière indépendante afin d'évaluer l'exactitude des données. Pour estimer le nombre total de patients nécessitant un TAR dans les centres de santé si l'Éthiopie adoptait les nouvelles directives de l'OMS, le nombre de patients nécessitant un TAR sur la base des directives actuelles a été ajouté au nombre de patients asymptomatiques inscrits dans le pré-TAR avec un nombre des CD4+ > 200 cellules/mm3, mais ≤ 350 cellules/mm3.

Résultats

L'adoption des nouvelles directives de l'OMS augmenterait d'environ 30% le nombre total de patients sous TAR dans les 19 centres de santé en Éthiopie, le faisant passer de de 3 583 à 4 640.

Conclusion

Le changement du seuil de CD4+ au lancement du TAR augmentera considérablement la demande de TAR en Éthiopie. Étant donné que seuls 60% des patients éthiopiens nécessitant un TAR reçoivent leurs médicaments, dans le cadre des systèmes actuels, la mise à niveau des programmes de TAR pour répondre à la demande accrue de médicaments ne sera pas possible, à moins d'un financement gouvernemental et d'un accroissement simultané de l'aide.

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