Bulletin de l'Organisation mondiale de la Santé

Remise en question d’un dogme: points de rupture des tests de sensibilité aux antimicrobiens de la Mycobacterium tuberculosis

Kristian Ängeby, Pontus Juréen, Gunnar Kahlmeter, Sven E Hoffner & Thomas Schön

En raison de l'augmentation de la tuberculose multirésistante, il est de plus en plus important que les tests de sensibilité aux antimicrobiens de la Mycobacterium tuberculosis produisent des résultats cliniquement significatifs et techniquement reproductibles. Malheureusement, ce n'est pas toujours le cas, les spécialistes en mycobactériologie n'appliquant pas les principes modernes généralement acceptés de mise en place de points de rupture de la sensibilité aux pathogènes bactériens et fongiques. Ces principes requièrent plus particulièrement une définition des concentrations minimales inhibitrices (CMI) applicables aux organismes sans mécanismes de résistance (également appelés distributions de CMI de souche sauvage), devant être utilisés en combinaison avec les données sur les résultats cliniques, la pharmacocinétique et la pharmacodynamique. Dans plusieurs publications, les auteurs ont défini les distributions expérimentales de CMI de souche sauvage pour la M. tuberculosis et espèrent que d'autres chercheurs suivront leur exemple et fourniront des données de confirmation. Ils suggèrent que certains points de rupture doivent être révisés, car ils (i) divisent la distribution de souche sauvage, ce qui entraîne une mauvaise reproductibilité des tests de sensibilité aux antimicrobiens, ou (ii) sont sensiblement plus élevés que les CMI des organismes de souche sauvage sans confirmer les preuves cliniques, certaines souches pouvant être à tort reportées comme sensibles. En résumé, les auteurs recommandent que les points de rupture de la sensibilité aux agents antituberculeux soient systématiquement examinés et révisés, en utilisant si nécessaire les mêmes outils modernes qui sont désormais acceptés pour tous les autres bactéries et champignons par la communauté scientifique, l'Agence européenne des médicaments et le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies. Pour plusieurs agents, cela améliorerait considérablement la précision et la reproductibilité des tests de sensibilité aux antimicrobiens de la M. tuberculosis.

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