Bulletin de l'Organisation mondiale de la Santé

Arguments en faveur du traitement obligatoire de la dépendance aux opioïdes

Zunyou Wu

Douze agences des Nations Unies, parmi elles l'Organisation mondiale de la Santé, ont émis une déclaration commune qui appelle les États membres à remplacer la détention obligatoire des consommateurs d’opioïdes dans des centres de traitement par des services sanitaires et sociaux volontaires qui s’appuient sur des données probantes et soient fondés sur le droit. Les arguments en faveur de cette position se répartissent en trois grandes catégories: les centres de traitement obligatoire empiètent sur la liberté de l'individu, ils exposent les êtres humains à des risques et la preuve de leur efficacité contre la dépendance aux opioïdes n'a pas été démontrée.

La déclaration des Nations Unies souligne que même si les pays appliquent des critères différents pour l'envoi des individus dans des centres de traitement obligatoire, leur détention survient souvent sans procédure régulière, protection légale ou contrôle juridictionnel. Cet état de fait contrevient clairement aux normes des droits de l'homme reconnues au niveau international. En outre, les personnes remises à ces centres sont souvent exposées à des sévices physiques et sexuels, à du travail forcé et à des conditions de vie inférieures aux normes. Ils se voient souvent refuser des soins de santé en dépit de leur vulnérabilité accrue à l'infection par le VIH et à la tuberculose. Enfin, il n'y a aucune preuve, selon cette déclaration, que ces centres offrent un climat propice à la récupération de la dépendance aux opioïdes ou à la réinsertion des professionnels du sexe ou des enfants victimes d'exploitation sexuelle, de maltraitance ou de manque de soins et de protection.

L’auteur de ce document de travail avance plusieurs arguments contraires à la position adoptée par les Nations Unies et milite en faveur d'un traitement obligatoire participant d’une stratégie élargie de réduction des risques visant à protéger la société, mais aussi l’individu concerné.

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