Calendrier du traitement antirétroviral dans un hôpital cambodgien après le diagnostic de la tuberculose: impact des lignes directrices révisées de l'OMS
Kimcheng Choun, Reaksmey Pe, Sopheak Thai, Natalie Lorent, Lutgarde Lynen & Johan van Griensven
Objectif
Déterminer si la mise en œuvre des lignes directrices 2010 de l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) relatives à la mise en œuvre du traitement antirétroviral (TAR) a réduit le délai entre le diagnostic de la tuberculose et la mise en œuvre du TAR dans un hôpital cambodgien urbain.
Méthodes
Une étude de cohorte rétrospective a été effectuée dans un hôpital non gouvernemental de Phnom Penh, appliquant les nouvelles lignes directrices de l'OMS, auprès de patients atteints du virus d'immunodéficience humaine (VIH) et de la tuberculose. Ont été inclus tous les patients VIH-positifs, n'ayant pas bénéficié auparavant d'un TAR, ayant entamé un traitement antituberculeux au cours des 18 mois avant et après la mise en œuvre des lignes directrices. Un modèle de régression à risques concurrents a été utilisé.
Résultats
Après la mise en œuvre des lignes directrices 2010 de l'OMS, 190 patients séropositifs atteints de la tuberculose ont été identifiés: 53% d'hommes; âge médian: 38 ans; nombre médian de lymphocytes T CD4+ (cellule CD4+): 43 cellules/µL. Avant la mise en œuvre, 262 patients ont été identifiés; 56% d'hommes; âge médian: 36 ans; nombre médian de cellules CD4+: 59 cellules/µL. Avec un nombre médian de cellules CD4+ ≤ 50 cellules/µL, le délai médian avant le TAR est passé de 5,8 semaines (intervalle interquartile, IIQ: 3,7 à 9) avant, à 3.0 semaines (IIQ: 2,1 à 4,4) après la mise en œuvre (P <0,001); avec un nombre médian de cellules CD4+ > 50 cellules/µL, le délai est passé de 7.0 (IIQ: 5,3 à 11,3) à 3,6 semaines (IIQ: 2,9 à 5,3) (P <0,001). La probabilité de mise en œuvre du TAR dans les 4 à 8 semaines suivant le diagnostic de la tuberculose est passée de 23% et 65%, respectivement, avant la mise en œuvre, à 62% et 90% après la mise en œuvre. Une augmentation non significative de la rétention à 6 mois et de substitution antirétrovirale a été observée après la mise en œuvre.
Conclusion
La mise en œuvre des lignes directrices 2010 de l'OMS dans un contexte clinique de routine raccourcit le délai avant la mise en œuvre du TAR. Des études plus importantes, avec un suivi plus long, seront nécessaires pour évaluer l'impact sur les patients.