Bulletin de l'Organisation mondiale de la Santé

Un potentiel inexploité de l'évaluation de l'impact sanitaire

Mirko S Winkler, Gary R Krieger, Mark J Divall, Guéladio Cissé, Mark Wielga, Burton H Singer, Marcel Tanner & Jürg Utzinger

L'Organisation mondiale de la Santé encourage l'évaluation de l'impact sanitaire (EIS) depuis plus de 20 ans. Lors de la Conférence des Nations Unies de 2012 sur le développement durable (Rio+20), l'EIS a été discutée comme une méthode essentielle pour lier la santé à «l'économie verte» et aux stratégies du «cadre institutionnel» pour le développement durable. Dans les pays présentant un indice de développement humain élevé (IDH), l'EIS a été ajoutée à la suite de l'évaluation globale qui inclut généralement les impacts environnementaux et sociaux, mais qui est rarement nécessaire dans le cadre de l'évaluation de l'impact environnemental et social des grands projets de développement. Quand elles sont effectuées, les EIS axées sur les projets sont régies par une combinaison de normes de performances multilatérales du prêteur et du promoteur du projet, plutôt que par les exigences du pays d'accueil. Il n'est pas surprenant de constater que, dans les pays à faible IDH, l'EIS ne fait pas partie du programme et de la scène politique en l'absence d'un pilote externe du projet. Les principaux facteurs du changement mondial (comme la croissance démographique et l'urbanisation, la pression croissante sur les ressources naturelles et le changement climatique) affectent démesurément les pays à faible et à moyen IDH. Toutefois, dans ces pays, l'EIS est ostensiblement absente. Si la cape d'invisibilité de l'EIS doit être retirée, on doit prouver que l'EIS est utile et bénéfique, et que c'est donc une composante essentielle du programme du XXIe siècle en matière de développement durable. Nous analysons où et comment l'EIS peut être pleinement intégrée dans la suite de l'évaluation de l'impact et soutenons que l'impact de l'EIS ne doit pas rester dans l'ombre.

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