Bulletin de l'Organisation mondiale de la Santé

Politiques nationales pour la prise en charge de l'infection tuberculeuse latente: revue de 98 pays

Ann Jagger, Silke Reiter-karam, Yohhei Hamada & Haileyesus Getahun

Objectif

Passer en revue les politiques relatives à la prise en charge de l'infection tuberculeuse latente de pays faiblement ou fortement touchés par la tuberculose.

Méthodes

Nous avons séparé les pays qui transmettent des données au Programme mondial de lutte contre la tuberculose de l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) selon qu'ils présentaient une charge de morbidité tuberculeuse faible ou élevée, suivant les critères de l'OMS. Nous avons trouvé les politiques nationales pour la prise en charge de la tuberculose latente grâce à des recherches en ligne, aux sites Internet des gouvernements, aux bureaux de l'OMS dans les pays et à des communications personnelles avec des responsables de programmes. Nous avons fait une analyse descriptive axée particulièrement sur les lacunes des politiques et leurs écarts des recommandations de l'OMS.

Résultats

Nous avons obtenu des documents de 68 pays sur 113 ayant une faible charge de morbidité tuberculeuse et de 30 pays sur 35 ayant les plus fortes charges de morbidité dues à la tuberculose ou à la tuberculose associée au virus de l'immunodéficience humaine (VIH). Le dépistage et le traitement de l'infection tuberculeuse latente chez les personnes vivant avec le VIH étaient recommandés dans les directives de 29 pays (96,7%) à la charge de morbidité élevée et de 54 pays (79,7%) où cette charge était faible. Le dépistage des enfants de moins de 5 ans en contact familial avec la tuberculose était prévu dans 25 pays (83,3%) à la charge de morbidité élevée et dans 28 (41,2%) à la charge de morbidité faible. Dans la plupart des pays à la charge de morbidité élevée, seule la recherche des symptômes avant traitement était recommandée, tandis que tous les pays à la charge de morbidité faible recommandaient un dépistage avant traitement. Les politiques de certains pays à la charge de morbidité faible ne suivaient pas les recommandations de l'OMS: neuf (13,2%) recommandaient un traitement préventif contre la tuberculose pour les personnes se rendant dans des pays à la charge de morbidité élevée et 10 (14,7%) pour les patients subissant une chirurgie abdominale.

Conclusion

En l'absence de preuves solides concernant certains aspects de la prise en charge de l'infection tuberculeuse latente, les politiques nationales varient considérablement les unes des autres. Cela met en lumière la nécessité de faire progresser la recherche et, pour l'OMS, d'élaborer des politiques claires, applicables et fondées sur des éléments probants.