Cancer

Dépistage du cancer colorectal

Deux études cas-témoin ont fourni des données qui laissent à penser que la sigmoïdoscopie peut être efficace pour le dépistage du cancer colorectal, ses résultats étant valables pendant 10 ans (Selby et al., 1992; Newcomb et al., 1992).

Cependant, comme ce type d’étude ne permet pas d’éliminer l’effet d’un biais de sélection, il se peut qu’on ait surestimé ces avantages. Des essais sont actuellement en cours pour évaluer la sigmoïdoscopie souple et la colonoscopie pour le dépistage.

Plusieurs essais ont cherché à évaluer l’effet de la recherche de sang occulte dans les selles. Un essai mené dans le Minnesota (États Unis d’Amérique) l’a effectué une fois par an dans un groupe et tous les deux ans dans un autre. Au début, il a indiqué que le test effectué chaque année permettait de réduire la mortalité par cancer colorectal au bout d’une période d’environ 10 ans, ce qui n’était pas le cas de celui effectué tous les deux ans (Mandel et al., 1993).

Un rapport plus récent, avec un suivi allant jusqu’à 18 ans, a montré une réduction plus faible de la mortalité avec le dépistage tous les deux ans (Mandel et al., 1999). Des essais menés en Europe ont également montré une réduction de la mortalité avec le dépistage tous les deux ans (Hardcastle et al., 1996; Kronborg et al., 1996).

Il est clair qu’une difficulté majeure avec ce dépistage par la recherche de sang occulte est le manque de spécificité de la méthode, surtout si l’épreuve est réhydratée, ce qui augmente nettement les coûts du programme. En outre, elle semble manquer de sensibilité pour détecter les adénomes.

À eux tous, les essais portant sur les épreuves de recherche de sang occulte dans les selles laissent à penser qu’après un intervalle d’environ 10 ans, il pourrait y avoir une réduction de la mortalité par cancer colorectal pouvant atteindre 20% avec un dépistage tous les deux ans, réduction qui serait plus importante si le dépistage est annuel.

Cependant, à moins de parvenir à une observance élevée, l’avantage que l’on pourrait en tirer dans la population générale serait bien moins important et sans commune mesure avec le coût du programme de dépistage.

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